Toyota roule sur une mauvaise pente, GM veut prendre les devants

dimanche 20 novembre 2011

La compagnie japonaise Toyota, le leader mondial de l’automobile, est sur une pente raide. Elle a rappelé depuis le 21 janvier dernier quelque 4,5 millions de véhicules, d’abord aux Etats-Unis, et ensuite en Europe et en Chine.

En réalité, les rappels ont commencé depuis septembre dernier, mais la crise s’est intensifiée ces jours-ci avec une succession de nombreux défauts de fabrication constatés sur plusieurs des produits de la compagnie Toyota. Les modèles plus touchés sont Camry, Corolla, RAV4 et Prius. En ce qui concerne ce dernier modèle, ce sont les pédales d’accélération et de freinage qui sont mis en cause. Depuis janvier aux Etats-Unis, les mécaniciens des concessionnaires installent une pièce en acier pour réduire la friction à l’origine du blocage des pédales.

Toyota, ayant constaté ces mêmes défauts sur plus de 180 000 véhicules vendus en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, ne les a pas encore rappelés. Selon la compagnie automobile, le climat chaud de ces régions éviterait que les pédales ne se bloquent.
De toute façon, il revient aux gouvernements de ces régions de veiller à ce que leurs populations ne soient pas sacrifiées sur l’autel des intérêts économiques.

Aux Etats-Unis, Toyota est sous pression médiatique et celle du gouvernement de Obama. La sécurité routière américaine, la NHTSA, a d’ailleurs ouvert une enquête après avoir reçu des plaintes de 124 utilisateurs de la Prius. Cette administration américaine a assuré qu’elle maintiendra Toyota sous pression jusqu’à ce qu’elle prenne toutes les dispositions nécessaires pour rendre les véhicules incriminés et vendus sûrs. Outre cela, Toyota payera plusieurs millions de dollars à titre d’amende. Face à cette pression, Toyota n’a eu d’autres choix que de rappeler les voitures incriminées et son PDG, Akio Toyoda, de présenter des excuses pour le désagrément infligé aux clients. Toutefois, Akio Toyoda a affirmé que ses véhicules sont fiables et que la sécurité des clients était primordiale pour sa compagnie. Même s’il n’a pas incriminé publiquement la compagnie américaine CTS, il faut dire que c’est ce dernier qui a fourni les pédales d’accélérateur mis en cause. Et même si le gouvernement américain a connaissance de cela, cela n’est qu’un détail à leurs yeux. D’ailleurs, ils n’en ont cure.

Le malheur de Toyota fait le bonheur de General Motors et de Ford, compagnies américaines de production de voitures. Avec cette crise, le marché américain leur est devenu favorable et elles reconquièrent le cœur des consommateurs. Depuis janvier donc, Ford connaît une hausse de 24,6% de ses ventes en hausse. Il en est de même pour General Motors avec +14%. Cette dernière a promis des remises aux individus qui délaisseraient la marque Toyota. Chose que soutient de façon ouverte le gouvernement américain. Le ministre des Transports, Ray Lahooda, a d’ailleurs incité les conducteurs possédant une Toyota de cesser de la conduire et de la rapporter. Le gouvernement américain détient 61 % du capital de General Motors. Or, en 2008, Toyota est devenu numéro un mondial devant General Motors.

Cette reprise de couleurs pour ses compagnies américaines coïncident avec une légère baisse du chômage. D’ailleurs, avec la reprise économique, les ménages américains accèdent de plus en plus aux crédits, donc achètent entre autres des voitures.

Le stimulus, une aide financière accordée par le gouvernement américain à des grandes entreprises, a permis de sauver certaines de la banqueroute et aussi de créer des emplois. Grace à cette aide, General Motors et Chrysler ont reçu 13,4 milliards de dollars de prêts fédéraux.


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