Fonds illégaux aux Etats-Unis : 4 personnalités africaines débusquées

dimanche 20 novembre 2011

Teodoro Obiang de la Guinée équatoriale. Omar Bongo du Gabon. Jennifer Douglas des Etats-Unis et quatrième épouse d’un dignitaire nigérian. Aguinaldo Jaime, ancien président de la Banque centrale d’Angola et le mercenaire Pierre Falcone.

Ces personnalités sont désormais fichées. Elles sont auteures de transactions illégales aux Etats-Unis. C’est une enquête de 330 pages menées par le Senat américain, et publié le 04 février dernier, qui a permis de mettre au jour leurs activités.
Selon l’enquête, il ressort que ces personnalités et leurs proches ont exploité les failles de la législation américaine pour blanchir et transférer des fonds illicites aux Etats-Unis.
Le fils du président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, entre 2004 et 2008, a bénéficié de services d’avocats américains et de banquiers pour transférer plus de 110 millions de dollars dans certaines banques américaines. 30 millions de ces fonds ont servi à l’achat d’une résidence à Malibu et 38,5 à celui d’un avion. Actuellement, ce fils de président est sous poursuite judiciaire.
Feu le doyen des chefs d’Etat africain, Omar Bongo du Gabon ne manque pas à l’appel. Après 41 ans passés au pouvoir, il se retrouve avec une énorme fortune. En 2006, il a bénéficié de l’aide d’un expert américain pour transférer 18 millions de dollars dans différentes banques américaines. Ces fonds ont permis à Bongo d’acquérir des véhicules blindés et des avions cargo militaires C-130. Dans les transactions, 9,2 millions de dollars ont directement atterris sur un compte personnel de Omar Bongo à Malte.
L’enquête révèle qu’en 2007, le président Omar Bongo a transporté en liquidités 1 million de dollars en coupures de 100 dollars aux États-Unis et cela sous le couvert de l’immunité diplomatique. Ces fonds n’ont pas été déclarés aux autorités locales comme l’exige la loi. Par la suite, sa fille dont l’enquête ne précise pas le nom, a déposé ladite somme dans un coffre-fort et plus tard dans son compte bancaire.

Sur la liste des indélicats, une américaine, Jennifer Douglas. Elle est la quatrième femme d’Atiku Abubakar, ancien Vice-président et ancien candidat aux présidentielles de 2007 au Nigéria. Elle a aidé son époux à transférer plus de 40 millions de dollars vers les États-Unis de 2000 à 2008. Actuellement, elle fait l’objet de poursuites de la part du conglomérat allemand Siemens. Et ce, pour avoir utilisé les services de ce conglomérat pour effectuer des transferts illicites.

Le fameux mercenaire Franco-angolais, Pierre Falcone, renommé pour ses ventes d’armes et ses démêlés avec la loi française purge actuellement une peine de 6 ans de prison. N’empêche qu’il est également connu aux Etats-Unis pour blanchiment d’argent. Dans l’Etat d’Arizona, il avait accès à plus de 30 comptes bancaires.

Aguinaldo Jaime, ancien président de la Banque centrale d’Angola. Il a tenté à deux reprises de transférer 50 millions de dollars depuis l’Angola sur un compte privé aux Etats-Unis. Cette tentative a conduit la Citibank à clore les comptes de certaines institutions angolaises et à fermer son bureau local.
Choqué par ces actes illégaux et illicites, le sénateur Carl Levin, qui a présidé le comité chargé des enquêtes, affirme que ces agissements constituent une menace pour l’intérêt national américain. "C’est pourquoi, poursuit-il, les États-Unis sont engagés dans un combat incessant, la bataille mondiale pour stopper le flux d’argent illégal vers et dans des endroits comme l’Irak et l’Afghanistan."

Pour lui, cette lutte est nécessaire d’autant plus que "l’argent blanchi est utilisé pour former et soutenir les terroristes et le terrorisme. Si nous voulons mener de manière crédible les efforts pour arrêter des fonds illégaux à l’étranger, nous devons l’arrêter ici, chez nous aussi ".

Ainsi, dans la lutte contre ces transferts illicites et ce depuis 2009, la Banque mondiale exige que les personnalités politiques soient soumises à des contrôles stricts lors d’opérations bancaires afin de détecter toute activité suspecte. Dans la même lancée, le comité ayant mené les enquêtes exige que les banques américaines identifient les ayants droits des fonds transférés, afin d’empêcher l’utilisation de sociétés écrans. Il est également prévu un durcissement des règles d’immigration et de visas afin de permettre l’expulsion et d’interdire l’entrée du territoire américain à ces personnalités.

Avec ces nouvelles dispositions et procédures de surveillance, les transferts illégaux vers les Etats-Unis deviendront de plus en plus difficiles.


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