Economie au Faso : Croissance stable, pauvreté grandissante

dimanche 20 novembre 2011

Selon le Fonds monétaire internationale (FMI), le Burkina Faso connaît une croissance économique stable. La crise économique a affecté l’économie du Burkina Faso que de façon limitée. Et même si le prix du coton a subi une baisse, le PIB n’a été que légèrement touché.

De ce fait, le FMI estime que le PIB est passé de 5,2 % en 2008 à 3,2% en 2009 et que la croissance économique l’an dernier était légèrement plus élevée que celle prévue. Malgré cette situation, l’analyste du FMI, Murilo Portugal, estime qu’à moyen terme, il y a lieu d’être positif car la croissance économique au Faso devrait progressivement se redresser.

Toutefois, la croissance PIB qui selon le FMI a été inférieure à la croissance de la population revêt un aspect négatif. Avec un taux de croissance annuel de 3,4%, le FMI estime que la croissance de la population au Burkina Faso est parmi les plus élevées dans le monde. De ce fait, la théorie malthusienne du FMI affirme que cela rend donc difficile la lutte contre la pauvreté d’autant qu’il ya plus de bouches à nourrir qu’il n’y a de ressources disponibles.

Les femmes et les hommes d’une nation étant ses forces vives, il va s’en dire que la richesse d’un pays, générée grâce à la pression créatrice, est déterminée par sa population et non l’inverse.
Maintenant, le tout est de motiver cette création or, c’est ce qui manque au Faso. Outre cela, la richesse d’une nation dépend également du nombre de personnes actives et de leur répartition dans les différents secteurs économiques. C’est de la qualité de cette main d’œuvre que dépend la productivité du travail et donc la production globale.

En 2002, une étude menée par la Banque mondiale (Growth Is Good for the Poor by David Dollar and Aart Kraay) a conclu que les revenus des populations pauvres augmentaient proportionnellement avec le revenu moyen. Cette augmentation était presque systématique quelles que soient les périodes et les pays concernés. Avec cette étude, l’on constate que les populations d’un pays bénéficient relativement des retombées de la croissance.

Toutefois, le problème au Faso est que depuis le début des années 1990, c’est-à-dire l’avènement du "progrès continu pour une société d’espérance", la redistribution des ressources au Faso demeure très inégalitaire tout en bénéficiant qu’à une fraction minoritaire de la population, les Burkinabè sont de plus en plus pauvres, manquent de plus en plus du minimum permettant leur épanouissement (éducation, santé, etc.). Pour preuve, les émeutes de la faim en 2008 et le refus d’une grande frange de la population de payer la Taxe de développement communale à cause des faibles revenus, etc.
Pour cette année 2010, le FMI prévoit un PIB de 4,4% et pour l’an prochain une croissance de 4,7%. Mieux encore, sur la base de politiques économiques et de plans de développements nationaux, le FMI est encore plus optimiste en ce qui concerne le développement à long terme du Faso.

En effet, l’institution prévoit des taux de croissance du PIB pour les années que sont 2012, 2013 et 2014 à respectivement 5,5, 6,2 et 6,5%. Selon le FMI, la modernisation du domaine agricole, son expansion et la production d’or, et l’impact des investissements publics seront à l’origine de cette croissance. Il faut dire que la vente en mars 2009 de 26 % du capital de l’ONATEL (20 % par offre publique de vente et 6 % aux employés de l’ONATEL) a constitué selon le FMI une étape importante dans la modernisation de l’économie burkinabè. Pour concrétiser ces estimations de croissance, cette année, le FMI a octroyé un crédit d’un montant total de 67,7 millions de dollars au Faso.

La véritable richesse d’une nation demeurant sa population, la croissance économique doit accroître leurs capacités à mener une vie pleine et créative. Et ce processus doit se faire au bénéfice de tous, de façon équitable quelque soit le nombre de la population. La croissance démographique est un facteur permissif de la croissance économique. "La surpopulation relative n’a pas la moindre relation avec les moyens de subsistance mais avec la manière de les produire", a dit Karl Marx et c’est ce qu’il faut au Burkina.


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