OMD : L’Afrique progresse lentement mais sûrement

dimanche 20 novembre 2011

Avec le sommet des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) tenu du 20 au 22 septembre dernier à New York aux Etats-Unis, l’heure est au bilan pour l’Afrique. Et pour une fois à l’unisson, le monde entier reconnaît que l’Afrique a fait du progrès. Selon "l’Indice de la paix mondiale" de 2010, l’Afrique devient de plus en plus une terre de quiétude. En effet, le continent a enregistré le plus de progrès en matière de paix entre 2007 et 2010. Toutefois, le Soudan, la Somalie, le Tchad et la RDC ont vu leurs scores se détériorer encore à cause des conflits plus ou moins sporadiques qui ont lieu.

Les chiffres rendus publics lors du sommet montrent notamment qu’au niveau de l’éducation, 76% d’enfants ont été scolarisés en 2008 contre 58% en 1999. Quand à l’eau potable, le taux d’accès a atteint 60% pour les Africains contre 49% en 2000.
Grâce aux concours financiers consentis par les institutions internationales, (Banque mondiale, FMI, IDA), ce sont 311 millions d’enfants qui ont bénéficié de vaccins en 2000 et 177 millions de personnes ont eu accès à l’eau potable et à des services d’assainissement. Plus de 47 millions de personnes ont eu accès à des services de santé, 99 millions d’enfants ont vu leur nutrition améliorée tandis que 13 millions de filles ont bénéficié d’un enseignement scolaire.

Par ailleurs, le PNUD affiche sa satisfaction dans la prévention contre le sida et la représentation des femmes dans des fonctions électives. Le gros du problème pour le continent africain, selon l’institution, reste la santé maternelle et infantile : "La plupart des pays africains ont progressé vers tous les objectifs en dépit des récentes crises alimentaire, énergétique, financière et économique ", indique le rapport.
Le président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping, présent au sommet, s’est dit fier des progrès accomplis au niveau du continent.
Nonobstant ces avancées, le PNUD pense qu’il est "improbable" que l’Afrique " atteigne tous les objectifs d’ici 2015 " en raison de " rigidités structurelles et culturelle ".

Pris individuellement, les résultats du millénaire diffèrent d’un pays africain à un autre. Ainsi le Ghana est vu par les institutions internationales comme un "élève modèle" qui a déjà atteint l’objectif de réduction de la malnutrition. La République démocratique du Congo reste confrontée au phénomène de la corruption et de la violence. Une situation qui ralentit toutes les initiatives de développement. Au Mozambique, les variations des prix des denrées alimentaires ont provoqué des émeutes en ce début septembre.

Le manque d’infrastructures hypothèque le respect par certains pays africains de l’échéance 2015. En effet, il y a lieu d’accélérer le financement des investissements dans le secteur public afin de permettre la réalisation de plus d’infrastructures. Et comme l’a si bien dit le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick : "Nous devons relier les divers objectifs entre eux. Il ne suffit pas de bâtir des cliniques si les mères ne peuvent y accéder faute de routes. Il ne suffit pas de former des enseignants et de distribuer des manuels scolaires si les enfants peinent à faire leurs devoirs le soir en raison de l’obscurité. Les gens ne vivent pas dans des secteurs de la santé, de l’éducation ou de l’infrastructure confortablement compartimentés. Ils vivent en famille, dans des villages, des communautés et des pays, où convergent tous les aspects de la vie quotidienne. Nous devons relier les pointillés".

La pierre d’achoppement reste l’argent. L’aide au développement provenant des pays riches stagne et les financements innovants peinent à naître. La raison de ce ralentissement, selon certains donateurs, se trouve être l’impact du changement climatique. Ce dernier aurait entraîné des coûts imprévus.

Nonobstant cette situation, la Banque mondiale a promis de mobiliser 600 millions de dollars d’ici 2015. Ce fonds permettra de venir en aide à 35 pays asiatiques et africains dont le Burkina Faso, le Niger, etc. qui peinent à réaliser leurs ODM. Ce retard, selon cette institution, est lié au niveau élevé de la fécondité, à une nutrition infantile et maternelle inadéquate et à une forte incidence de la maladie chez les enfants et les mères.

Si les pays riches et des institutions internationales viennent en aide à l’Afrique, d’autres pays dits émergents comme l’Inde et la Chine ne sont pas en reste. Ils investissent notamment en Afrique. Ces pays sont désormais des puissances économiques qui interviennent de façon importante dans l’économie mondiale en aidant des pays comme les Etats-Unis frappés de plein fouet par la crise à sortir de la récession.
Afin de fournir le minimum vital à leurs populations, les pays africains doivent faire davantage en développant en particulier un partenariat avec le secteur privé et les échanges Sud-Sud.


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