Nouvelles technologies en Afrique : Innover pour impulser le développement

lundi 21 novembre 2011

L’initiative Acacia IDRC permet d’installer, de renforcer les capacités des communautés locales en matière de nouvelles technologies dans les télécentres communautaires. Www.Kheuweul.com facilite l’acquisition et l’hébergement de nom de domaines à des prix réduits à toutes personnes ou structures qui le désirent. Ces innovations sont autant d’exemples qui montrent les perspectives du développement dans les marchés émergents de l’Afrique. Selon Moubarack Lo, directeur de Emergence Consulting au Sénégal, les succès des initiatives précédemment citées sont liés à leur usage, à l’engouement des populations.
Les entreprises africaines peuvent donc utiliser les TIC pour renforcer leur compétitivité sur le marché national et international. En Europe, les industries qui créent beaucoup de savoir se développent contrairement aux autres, assure Moubarack Lo.

C’est pour partager les meilleures idées en matière d’application des technologies de l’information et de la communication qu’a eu lieu du 7 au 9 juin à Ouagadougou, un forum sous régional. Des séances plénières et des ateliers ont été consacrés aux partages des meilleures pratiques des TIC dans les domaines de la fiscalité, de l’e-gouvernance, des services et de l’appropriation des TIC par les citoyens, les services en ligne, l’environnement des banques etc. Ainsi, ce forum a permis aux représentants de plus d’une vingtaine de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, et à ceux d’institutions continentales et internationales, d’échanger leurs expériences et d’exposer des exemples pratiques de mise en œuvre réussie de solutions technologiques dans leurs pays respectifs. Cette rencontre de partage est donc la bienvenue pour le Coordonnateur de l’association Yam pukri, Sylvestre Ouédraogo. Pour lui : "Une chose que les gens oublient, c’est que ces technologies n’ont pas été conçues pour nous Africains. Il faut donc qu’on se les approprie afin qu’elles nous servent. Ainsi, nous pourrons en faire des utilisations judicieuses."

__Promouvoir le savoir local__
Le développement des TIC combiné à la promotion du savoir et aux stratégies de lutte contre la pauvreté contribueront à l’émergence de nos marchés africains surtout si la transformation du savoir endogène des communautés de base devient réalité. Les stratégies pour une telle évolution consistent à élaborer un plan pour s’introduire dans le monde du savoir et considérer le savoir comme un bien public.
Entre autres, trois facteurs, selon Moubarack Lo, permettent l’existence d’innovations sur le marché : la recherche et le développement, l’investissement et l’existence d’un capital humain ayant une haute qualification.

Pour l’Afrique, affirme monsieur Lo, c’est de donner la priorité à l’enseignement secondaire, technique, professionnel et à l’éducation non formelle. "Un pays développé fournit des produits à valeur ajoutée, l’avantage pour les pays sous développés est de faire de la veille, de collecter les inventions et de les améliorer, et de les valoriser en innovant", soutient Moubarak Lo. La formation continue, l’encouragement à la créativité doivent être développées au sein de la jeunesse et du monde estudiantin. Un programme d’accès universel s’impose donc avec un recyclage du personnel, la mise à disposition de moyens financiers et matériels, la création de cadre propice à l’innovation. Tous ces éléments contribueront à la naissance de nouvelles innovations, toute chose nécessaire au développement de l’Afrique.

Dans cette optique d’appropriation, Yam Pukri propose des formations ciblées. Elle s’intéresse à la jeunesse désoeuvrée, aux paysans ne sachant ni lire ni écrire, à la commerçante de légumes, ou au monde scolaire ou universitaire. A travers son réseau de partage d’informations sur les TIC dénommé Burkina-ntic.org, les meilleures pratiques d’utilisation des TIC sont présentées et commentées pour mieux ancrer la culture des TIC au Burkina. "Le web, par exemple, n’est pas une invention des Occidentaux. Il a toujours existé dans les sociétés africaines. C’est le langage tambourinaire que chaque village relayait et utilisait pour la diffusion des informations capitales. J’explique et fait la corrélation de nos réalités sociales avec l’ordinateur, dans mon ouvrage "L’Ordinateur et le Djembé, entre rêves et réalités" publié en 2003", assure Sylvestre Ouédraogo.

__S’approprier l’existant__
L’association Yam Pukri veut prendre du recul par rapport aux affirmations qui stipulent que les technologies conduiront les Africains au développement. Cette association croit que c’est aux Burkinabè de lutter. "Mais, le problème, c’est que la grande majorité de la population ignore qu’elle doit se battre", note le Coordinateur. C’est pourquoi, poursuit-il, en faisant des actions de formation, de sensibilisation, de démonstration, il désire que la population prenne conscience, qu’elle revendique et agisse.

Peu de stratégies existent au niveau régional concernant l’accès et les services liés aux technologies de l’information et de la communication. On peut citer le Projet de marché commun d’Afrique de l’Ouest sous l’égide de l’Union Internationale des Télécommunications et de l’Union Européenne. En perspective, on a le lancement d’une étude sur l’établissement d’un service de roaming GSM au sein des Etats membres de la CEDEAO. L’UEMOA est en train de mettre en application un projet pour relier l’ensemble de ses pays membres à la fibre optique.

La rencontre de Ouagadougou concernant le partage de connaissances en matière technologique a été organisée par Microsoft Afrique, la Banque africaine de développement, et la Commission économique pour l’Afrique. Pour le Dr Cheikh Modibo Diarra, président de Microsoft Afrique et " ambassadeur de Microsoft auprès de l’Afrique et celui de l’Afrique à Microsoft ", la réunion de Ouagadougou a consacré l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire du continent. Pour le président Blaise Compaoré, les TIC "réduisent les contraintes spatio-temporelles, induisent des approches modernes dans l’organisation du travail et mettent à la portée de tous, des méthodes innovantes d’accès à la connaissance".

Ce forum a été donc une occasion d’exploiter les opportunités et de relever les défis d’une Afrique numérique. Par la mobilisation des ressources financières, humaines, intellectuelles, il favorisera une accessibilité des TIC même dans les zones rurales. L’objectif global de ce forum, comme ceux à venir, a été d’appuyer les gouvernements africains dans leurs efforts de recherche de solutions pour un développement local. Les parties prenantes à ce forum sont animées par la volonté d’éviter une marginalisation numérique de l’Afrique.


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