Il n’y a pas « une » mais des « folies »

lundi 21 novembre 2011

« La maladie mentale est le résultat d’un déséquilibre entre le cerveau et l’émotion ». C’est l’explication que donne Lamoussa Naba. Il est Burkinabè, parapsychologue, géomancien de renommée internationale. Créateur des écoles Earth Center aussi bien en Europe, en Asie qu’aux Etats-Unis, il y enseigne la méditation, le diagnostic des maladies à plus d’un millier de personnes.
Qu’est ce que la maladie mentale communément appelée ’’folie’’ dans le domaine de la parapsychologie ?

Lamoussa Naba (L. N.) : L’être humain possède le cerveau et le mental. Le premier fonctionne de façon froide et ’’calculative’’. Il sait additionner, soustraire et établir des logiques. Chaque fois que l’on soumet des données au cerveau, ce dernier établit des logiques. L’individu possède l’intelligence émotionnelle. Et c’est cette logique émotionnelle qui surpasse la logique établit par le cerveau. Le cerveau possède sa logique mais ne possède pas de motivation. L’émotion est une forme d’énergie. Elle ne vient pas du cerveau. Le cerveau sait s’adapter. Le problème avec l’émotion, c’est qu’elle est très instable. Chaque fois que l’émotion accepte un principe, le cerveau a la réaction qui va avec. Et il l’enregistre comme un principe de fonctionnement. A force de contradiction, le cerveau se surcharge. Ce modèle concerne également et l’individu et son environnement. Dans l’environnement, c’est la contradiction entre une façon de faire imposée par l’entourage et l’individu qui lutte pour agir à sa façon qui entraîne des troubles.

L’on affirme très souvent, que la maladie mentale est due à des esprits mauvais ou génies. Qu’en est-il réellement ?
L. N. : Dès qu’on rentre dans ce domaine, c’est l’irrationnel qui prend le pas sur le rationnel. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de dimensions. Il existe réellement un monde des esprits. C’est la manière dont une personne appréhende son environnement qui fait qu’elle finit folle plutôt qu’une autre alors que tous sont soumis approximativement aux mêmes conditions de vie. En fait, la folie est le résultat du conflit entre le cerveau et l’émotion. Si tous les malades mentaux avaient eu une attitude très calme par rapport aux événements qui leur sont arrivés, ils ne seraient pas dans leur état actuel. La raison pour laquelle les autres donnent l’impression de garder leur situation sous contrôle, c’est parce que le côté émotion semble être dominé. L’émotion possède une force. Elle ne possède pas de logique. L’individu malade a son émotion qui a détruit son sens de la logique. L’émotion ayant pris le dessus, ce dernier se crée donc son propre monde. Et étant donné que le fou et nous ne sommes pas dans les mêmes dimensions, nous éprouvons de la pitié pour eux, pensons qu’ils souffrent. Plus de 95% soit plus de 9 et demi personnes sur 10 ont les potentielles de ce que nous appelons folie. Elle se trouve chez presque tout le monde. Ce que nous appelons les fous font partie des 5% qui ne sont pas équipées pour gérer une situation de conflit.

Qu’est ce que donc le génie ou l’esprit ?
L. N. : A quel moment peut-on dire que l’individu est complet ? Avant sa conception ? A sa naissance ? Ou à sa mort ? Comprendre cette énigme permet d’appréhender le monde des êtres. L’homme est en perpétuelle maturation. Il se fait avant d’être conçu, pendant sa conception, à sa naissance, pendant sa vie, et sa mort. A chaque étape de son évolution, il négocie sa maturation car l’intelligence qui fait le bras n’est pas celle qui fait le pied. Lorsque l’individu a ce processus de maturation qui est interrompu, il se trouve incapable de posséder un corps. C’est le génie. Et il se retrouve parfois obligé de se promener à la recherche d’un corps qu’il peut voler.
Mais, entre le génie et l’esprit, il existe une légère différence. L’esprit, c’est plus ou moins l’individu qui décède sans avoir ouvert la porte de la réincarnation. La réincarnation étant le fait de renaître et continuer à avancer pour être pure comme les Dieux, de faire son expérience de vie en corrigeant ses défauts, en s’améliorant, se purifiant, pour grandir.

Sont-ils bons ou mauvais et auteurs de maladies notamment de folie ?
L. N. : Les hommes sont bons ou mauvais tout comme les esprits ou des génies le sont. Concernant la folie, l’être humain a tendance à être effrayé par ce qu’il ne contrôle pas ou ne connaît pas. Toutefois les génies ou les esprits peuvent être aigris compte tenu de l’interruption de leur processus de maturation. L’homme qui panique face à eux montre sa faiblesse. Il se retrouve donc martyrisé. Il devient victime…

La folie peut –elle- être due à un pacte avec le diable comme le pense une frange importante de la population ?
L. N. : C’est une superstition que de parler de diable. Cette notion de diable est purement subjective et découle de l’adhésion des individus aux valeurs religieuses musulmanes ou chrétiennes.

Et la sorcellerie dans ce magma de croyance ?
L. N. : La connaissance de l’influence énergétique de la planète terre contient le secret de tout ce qui arrive à l’être humain. La sorcellerie est l’impact du dialogue horizontal, c’est-à-dire de ce qui est sur la terre sur ce qui est sur la terre. Il existe deux énergies qui vont dans des sens opposés et se touchant parfois. L’énergie que la terre émet à partir de son centre passe à travers tout ce qui existe sur la terre. Dans l’Est du Burkina Faso, chez les Gourmantché, on appelle cette énergie le baïwalé. L’autre énergie est le yénou. Elle suit la trajectoire contraire du baïwalé parce que la terre reçoit le message des autres planètes. Et avant que cette énergie ne parvienne au centre de la terre, elle pénètre toute chose se trouvant à la surface de la terre. Et ce sont ces deux forces énergétiques qui déterminent le destin de tout ce qui existe soit sur la terre ou sur les autres planètes. Le principe de ces deux énergies devient ce qui est à la source même de la maladie, de la mort, de la naissance sur la terre. La vie est donc le résultat d’un dialogue des énergies venant du centre de la terre et celle venant des autres planètes et se dirigeant vers l’espace.

Comment faire pour ne pas être de la catégorie des personnes que l’on appelle folles ou malades mentales ?
L. N. : Cela dépend de la capacité de l’individu à gérer les conflits que la société lui soumet. Plus l’individu fait preuve de flexibilité émotionnelle, intellectuelle, d’humilité, mieux il supporte son environnement.

Comment soigner la maladie mentale ?
L. N. : Il faut l’aide d’individus spécialisés tels les guérisseurs, les vieux. Il y a également des herbes ou plantes qui aident à la guérison. Dans le monde, la plupart des groupes ethniques possèdent leurs façons d’assurer la guérison des malades. Il est important de respecter et de maintenir les liens avec les ancêtres.

Comment concilier médecine traditionnelle et moderne, pour un bien-être mental de l’Africain dans une société qui se construit de plus en plus sur le modèle occidental ?
L. N. : La conciliation médicale sera difficile. L’existence de la folie incombe à la façon dont nous Africains appréhendons le monde. L’Africain utilise de plus en plus l’émotion. Conséquences : nombreux sont stressés, déprimés. Ils doivent donc éviter d’accuser le sorcier. Nos sociétés africaines donnent l’image d’une société qui ne sait pas dans quelle direction évoluer. Elle ne ressemble pas à celle occidentale pas plus qu’à celle africaine. Nous perdons nos valeurs ancestrales et nous nous affublons d’idéologies extérieures qui ne nous laissent pas le temps de penser pour nous-même.

Qu’est ce qui différencie alors un malade mental burkinabè d’un américain ?
L. N. : Côté principe de la maladie, les deux sont identiques. La différence se trouve dans le détail car être en bon terme avec son environnement aide, être en bon terme avec sa lignée ancestrale aussi. Si les ancêtres sont contents de toi, ta vie sera une vie de paix. Se passer de ce lien engendre des troubles mentaux, psychologiques et l’autodestruction. L’Africain n’a rien à gagner en se dénaturant.
Propos recueillis par JE


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