Ces séries africaines qui cartonnent : trois hommes, un village

samedi 26 novembre 2011

Voici la chronique de nos villages sous un aspect auquel nous ne pensons pas toujours : la religion. Eh ! Oui. Dans nos campagnes encore sous l’emprise des pesanteurs sociales, pauvreté et analphabétisme, se jouent des "matchs" qui ne se voient pas d’emblée. Sont de ceux-là, le formatage des esprits. Avant l’école et l’administration, qui dans nombre de villages, ne sont pas toujours une réalité, les religions régentent la vie sociale. Les deux plus importantes, mais quand même dernières venues, se comportent comme des " roumdées " dans la famille. Quand elles ne nient pas l’existence de la première, elles la brocardent. Mais ces aspects anecdotiques cachent mal les enjeux sous jacents dans nos villages où les citoyens, au nom d’une laïcité de l’Etat qui s’apparente parfois à la démission, sont abandonnés à eux-mêmes. Les citoyens paysans "sans culottes", pour beaucoup, se retrouvent tour à tour à être les objets, les sujets et parfois les arbitres des causes qui les dépassent.

"Trois hommes un villageois", c’est aussi quelque part, la fresque, grandeur nature, des mutations dans nos communautés villageoises.

Le Curé, Ildevert Méda et l’Imam Rasmané Ouédraogo veulent voler la vedette au chef du village, Alidou Sawadogo. C’est une bataille pour le pouvoir d’influence et le pouvoir tout court, à l’origine de petits pics lancés par chacun des trois hommes. Et si finalement, au lieu de se nier, les entités qui s’affrontent décidaient de s’allier ? N’aurions-nous pas alors appris à Bush et à toute sa clique de néo-conservateurs, que les grands peuples ne sont pas forcément ceux qui ont inventé le laser ? L’autorité du chef analphabète serait ainsi compensée par le savoir des deux religieux. Chacun d’eux étant un trait d’union, une icône qui contribue à l’harmonie du village, à son équilibre. Une base minimale les unit tous. C’est la culture, l’appartenance à une même humanité.

L’ouverture se fait sur le monde moderne. Kikidéni, village laboratoire d’une cohabitation possible entre les trois grandes religions du monde. Marie tient la mère de Dieu, mais ici simple actrice, est une FBI. C’est-à-dire une Femme battante et intelligente. Chrétienne et seconde épouse de l’Imam, elle introduit l’innovation chez le grand marabout. Elle est l’exemple de la symbiose entre religions. C’est la femme qui revendique, qui dit ce qu’elle pense, qui pousse au progrès. Mais en dernier ressort, n’est-ce pas une réhabilitation des hadith (ces paroles du prophète) qui disaient que " les gens du livre " (les ahal al kitab) sont les frères des musulmans et que le mariage était possible entre eux ? Même si pour des raisons stratégiques d’agrandissement de la Umma, il était plutôt prescrit de prendre les femmes chrétiennes et préserver les sœurs en islam. Signe des temps ? Sans doute. Mais c’est symbolique que l’imam épouse en deuxième noce "Marie".

"Trois hommes, un village", c’est la vie d’une bourgade du Faso, avec ses péripéties, ses joies, ses peines. Le jeu spontané des acteurs captive. L’improvisation est le maître mot. "Trois hommes, un village" est une production de Joviale production. La vie du village, certes, n’a pas de fin. Mais pour l’instant, elle ne durera que 50 épisodes.

Cette édition du FESPACO dont le thème n’est pas trop éloigné de la trame de ce feuilleton survient en tout cas au moment où il y a une réelle explosion des séries africaines et burkinabè notamment. Car en plus de "Trois hommes, un village ", il y a aussi " Ina " de Valérie Kaboré que l’on ne présente plus, et "Le Commissariat de Tampy".


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