Ces enfants burkinabè millionnaires qui envahissent les Etats-Unis

samedi 26 novembre 2011

Les Etats-Unis sont en passe de devenir une destination privilégiée pour enfants de "grands types" burkinabè. Et pourtant, les frais de scolarité ne sont pas donnés. Contrairement au système français, peu de ces enfants sont boursiers. Ce sont les parents qui casquent et au prix fort. Dans leur grande majorité, ces étudiants burkinabè, nouveau genre, sont fils ou filles de DG de sociétés publiques, ministres ou ambassadeurs. Nous avons pisté les plus connus, qui vivent en appartements privés achetés par "papa" et roulent en grosses cylindrées au moment où les Américains eux-mêmes se cherchent.

HP doit payer le reste de ses frais de scolarité qui s’élèvent à plus de 10 000 dollars*, soit cinq millions de F CFA. Désemparé par le fait que son père reste injoignable au téléphone, cet étudiant burkinabè qui vient d’obtenir sa licence ne sait plus quoi faire. Comment fera-t-il pour poursuivre ses études ?

Pendant plus de six ans, son père, responsable d’un projet de lutte contre la pauvreté dans une commune de Ouagadougou, a casqué pour ses études. Ainsi, HP après sa licence obtenue à Oglethorpe, une université privée de l’Etat d’Atlanta, vient de débuter dans une école de médecine dans les iles Caraïbes. Or dans ces universités, les frais de scolarité oscillent annuellement entre 27 000 et 30 000 dollars. Un calcul rapide montre que le père de HP dépensait en moyenne par an, douze millions cinq cent mille (12 500 000) FCFA. En six ans, cela fait soixante quinze millions (75 000 000) F CFA.

Le père de HP n’est pas seul. Son comptable a également scolarisé sa fille adoptive pendant quatre ans à Edgewood Collège dans l’Etat de Wisconsin. Là-bas, la scolarité est de 27 000 dollars par an, soit quatorze millions cinq cent mille (14 500 000) FCFA. Cette étudiante après sa licence, obtenue en sciences politiques, cherche du travail aux Etats-Unis.

De nombreux directeurs généraux des structures d’Etat au Burkina Faso envoient leurs enfants aux Etats-Unis. Pendant que leurs sociétés croulent sous le poids des difficultés, eux ne s’en portent pas mal puisque leurs enfants se comportent en véritables flambeurs, pendant qu’au pays, l’on est confronté à la vie chère et aux crises universitaires à répétition.

YY et PY étudient respectivement à l’University of Georgia à Athènes dans l’Etat de Georgie et à l’Université de Wisconsin. Pour YY qui vient d’obtenir sa licence ce 19 décembre 2009, les frais de scolarité sont de 30 000 dollars par an et pendant deux ans. Il se prépare maintenant à poursuivre le reste de ses études dans une prestigieuse université privée dans l’Etat de Louisiane. Et là-bas également, par an, ce n’est pas moins de 30 000 dollars pour les frais de scolarité. Leur sœur vient de les rejoindre pour continuer ses études universitaires également. Outre ces frais énormes, chacun des enfants dispose d’un véhicule et d’un appartement privé. Ils n’ont aucun souci de carburant dont le prix ne cesse pourtant de monter.

Au moment où l’Amérique est en crise, ou nombre de personnes broient du noir, le Burkina réputé pauvre regorge apparemment de nantis capables d’entretenir leur progéniture au pays de l’oncle Sam. RK, l’aînée des filles d’un autre DG qui a obtenu sa licence en mai dernier à l’issue de quatre années d’étude a déboursé 35 mille dollars par an. Idem pour VK sa sœur, également aux States. Elle a encore 2 ans à faire pour achever sa licence.

S’il est louable qu’un père s’occupe convenablement de l’avenir de ses enfants, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’origine de la fortune de ces directeurs généraux qui s’offrent le luxe de financer les études de leurs enfants à coups de dizaines de millions de nos francs. Ces nantis sont pour la plupart des directeurs généraux des sociétés d’Etat ou des directeurs de projets. On n’a pas besoin d’être dans le secret de ces boites pour savoir que ce n’est pas les salaires de DG et autres qui permettent de financer ces scolarités.

Il est temps que Tertius Zongo, s’il veut lutter contre la corruption, commence à appliquer le fameux délit d’apparence cher à Laurent Bado. Le mal se répand même dans nos représentations diplomatiques où quelques diplomates indélicats inventent des emplois fictifs dans le but de siphonner des sous. La bonne gouvernance devrait pouvoir s’appliquer partout où s’exerce la souveraineté du pays. C’est le cas de nos ambassades. Pour ce qui concerne les fortunes illicites, il est temps d’y mettre un frein. Les DG et autres hauts cadres sont déjà des privilégiés pour qu’on les laisse prendre ce qui ne leur est pas dû.

" Considérons qu’1 dollar est égal à 500 FCFA


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