Crise alimentaire : Le Niger sur le qui-vive

dimanche 27 novembre 2011

Le Niger se prépare à faire face à une crise alimentaire due à une insuffisance des pluies. Environ 2,7 millions de personnes sont menacées.
L’enquête réalisée par l’Etat nigérien en mai et juin 2009 sur la nutrition et la survie des enfants de 6 à 59 mois révèle des taux de malnutrition dépassant les seuils de gravité définis par l’OMS. Diffa, Zinder, Agadez, Dosso, Maradi, Tahoua et Niamey sont les régions particulièrement touchées.

En 2005, c’était quelque 2,5 millions de personnes dont 800 000 enfants vivant dans 3 000 villages qui avaient été les victimes de famine. Le gouvernement nigérien à cette époque avait nié la catastrophe, mais grâce à la mobilisation de la communauté internationale, le pire avait été évité.
Cette année et ce depuis janvier, l’administration nigérienne a pris des initiatives : distribuer gratuitement et sous condition des vivres aux personnes vulnérables. Elle a débloqué 6 milliards de francs CFA pour l’achat de céréales et assure que la population ne sera nullement victime d’une pénurie alimentaire.

Cette catastrophe n’est pas seulement l’apanage du Niger. Selon le Comité Permanent Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), avec le déficit de pluies constaté dans le Sahel, les productions céréalières 2009-2010 sont en baisse dans bon nombre de pays comme le Tchad, la Mauritanie, le Cap-Vert et le Burkina Faso. Par contre, des hausses sont observées au Bénin, au Ghana, en Gambie et au Togo, etc. En somme, la production céréalière est en baisse au Sahel de 9% et en hausse dans les pays côtiers de 4%.

Les inondations dues aux pluies abondantes des mois d’aout et de septembre 2009 au Burkina Faso, au Niger, au Sénégal, etc. ont également fragilisé la situation alimentaire des ménages.
Le CILSS affirme qu’avec "l’arrivée des premières récoltes sur les marchés, la situation alimentaire des ménages s’améliore progressivement dans toute la région, mais reste précaire au niveau des zones à risque et affectées par des baisses de production".

En effet, les ménages ruraux connaissent un début de sortie de période de soudure, ceux vivant en milieux urbains et périurbains pauvres continuent à faire face à des prix relativement élevés en ce qui concerne les produits alimentaires tels le riz, le mais, le mil, etc.

Le pire peut être paré à condition que les différents Etats déclenchent à temps les systèmes d’alerte et mettent en place les dispositions d’interventions d’urgence nécessaires pour la prise en charge des groupes les plus vulnérables.


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