Coupe du Monde de la diaspora : Le Burkina Faso, vice-champion

dimanche 27 novembre 2011

Qui aurait pu penser que le Burkina Faso serait sur la deuxième marche du podium à cette édition de la Coupe du monde ? Sûrement, pas beaucoup.

Mais comme le football n’est pas une science exacte, le Burkina Faso a réussi à démontrer lors de cette première édition de la Coupe du Monde de la Diaspora du Maryland (Etats Unis) qu’elle est une nation de foot. Et leurs frères ivoiriens l’ont appris a leur dépend ; eux qui lors de la huitième de finale jouée le 15 août dernier contre le Burkina Faso tournaient en dérision les Burkinabè en disaient à qui voulaient l’entendre ou pas qu’au "Burkina ya pas ballons."

Heureusement que les Burkinabè leur ont montré qu’au "Burkina y a ballons pian " et ce en les battant par un score sans appel de trois (3) buts à Un (1) le 15 août dernier au complexe sportif de Germantown dans le Maryland. Tous les matchs se sont joués en ce lieu.

La défaite des Eléphants.
La victoire du Burkina sur la Côte d’ivoire fait dire au seul joueur de l’équipe du Burkina Faso, Philipe Ki, que ce match a été le plus beau. La raison : "nous avions pu relever un défi en battant des Ivoiriens en manque d’humilité".

Bien avant, les Etalons du Burkina ont battu, le dimanche 08 août en seizième de finale les Zambiens par un score fleuve de douze (12) à zéro (0). Et le 22 août dernier, lors de la demi-finale face a la Sierra Léone ; les galops des Etalons ont été parfaits : 3 à 2.

Pendant les deux premiers matchs, le douzième joueur des Etalons, c’est-à-dire les supporters étaient à peine présents (4 personnes) tandis que dans le camp adversaire plus d’une cinquante de personnes étaient présentes. Par la suite le Comite Exécutif de l’Association des Burkinabè de Washington (Aburwa) a sonné le rassemblement en envoyant des emails à ses membres. Ainsi la demi-finale et la finale environ une vingtaine de Burkinabè s’est retrouvée au stade. Ils arboraient T-shirts, drapeaux aux couleurs du pays et célébraient leur victoire au son de vuvuzelas.

Même si le togolais Agbegnigan Amouzou dit Fofo, entraineur de l’équipe du Burkina se dit satisfait par la prestation de son équipe lors de ce mondial, il est toutefois préoccupé par les difficultés d’ordre matériel et logistiques que rencontre sa jeune équipe. "Au niveau de l’équipement, les coachs et certains joueurs seniors contribuent financièrement pour son achat. Cela n’est pas assez pour maintenir le club et attirer les talents locaux" affirme le capitaine de l’équipe, Charlie Lawson.

Solidarité africaine.
Après que les Etalons aient étalé les Eléphants, les premiers, au grand-dam des derniers, ont été les vice-champions abhorrant fièrement la médaille d’argent qu’ils ont remporté lors de la phase finale le dimanche 29 aout dernier.

Malheureusement, le Cameroun a eu raison du Burkina Faso par un score serré de (1) à (0) et ce après avoir bénéficié de deux penalties. Ce qui fait dire a Philippe Ki qui est également l’entraineur adjoint du Faso que ce match a été le plus difficile : "Nous avons eu beaucoup plus d’opportunités que l’équipe adverse mais malheureusement nous n’avons pas pu les transformer".

Lors de cette Coupe du monde, dont la prochaine édition est prévue au Maryland pour l’an prochain, les neuf équipes (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Zambie, Guinée, Cameroun, Togo, Sierra Léone et Jamaïque) ont représenté la diaspora africaine présente au Maryland et à Washington DC.
L’objectif de ces jeux selon le capitaine Charlie Lawson est de "créer un esprit de solidarité et de camaraderie entre les Africains de la diaspora ; car le foot est un sport qui ne discrimine pas."

Face au peu d’engagement des ressortissants Burkinabè, Philippe Ki, résidant depuis plus de cinq aux Etats-Unis, a dû fairet appel aux autres ressortissants africains pour constituer l’équipe du Burkina Faso. Du côté des Burkinabè, les joueurs de talent existent bel et bien. Le problème est qu’ils ne s’impliquent pas suffisamment dans les activités socioculturelles comme le font les autres communautés africaines.

En effet, l’équipe du Burkina Faso contrairement aux autres équipes arrivait à mobiliser ses ressortissants. Mais maintenant dans cette équipe burkinabè, aussi bien l’entraineur que les 21 joueurs proviennent des autres pays de l’Afrique. Seul le vingt-deuxième joueur est burkinabè. Ce dernier est Philippe Ki.

Plus de patriotisme de la part des Burkinabè.
Ainsi Philippe Ki et l’Aburwa se sont donnés pour objectif de sensibiliser leurs ressortissants afin de les amener à être plus dynamiques et entreprenants. Comme l’affirme Philippe Ki, "avant tout, il s’agit de défendre les couleurs de notre pays et de l’inscrire en lettres d’or dans les annales culturelles de la région de Washington. C’est un devoir qui s’impose à nous car nous sommes les vrais ambassadeurs de notre pays ! "

L’entraineur Fofo se dit satisfait de la participation du Burkina Faso. Le Faso n’a subi qu’une seule défaite, le match de la finale. Il a eu la meilleure attaque avec un total de 21 buts marqués. Le prix du meilleur joueur de la compétition est revenu à un Etalon. "Le plus satisfaisant pour moi reste la participation de mon pays à cette première édition. Du feed-back qui nous est parvenu, beaucoup de gens qui n’avaient jamais entendu parler du Burkina Faso savent aujourd’hui le matérialiser sur la carte," affirme Philippe Ki.


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