Réveillon 2011 à l’étranger : Espoir et compassion dans le monde

dimanche 27 novembre 2011

Chaque année, le monde célèbre l’an nouveau. Il formule des vœux pour un meilleur devenir. Toutefois, la réalité demeure quelque fois laide. Tour du monde de la célébration du 31 décembre…

Il est minuit. Le bleu, vert, jaune, rouge, et blanc des feux d’artifices embrasent le ciel. Et comme envahi par des libellules, l’horizon nocturne scintille. Et le firmament resplendit. "Le Merlion," la statue symbole de Singapour est comme embrasée par un feu-follet. Puis, aussi rapidement que les feux ont enflammé l’immense espace céleste, ils s’évanouissent. Au centre ville de Singapore, tout au long de la rivière, les regards sont émerveillés. L’assistance se délecte du spectacle.

Ce vendredi 31 décembre, Zakaria Sanfo, un burkinabè, géochimiste de profession, vivant à Singapore, s’en souvient encore. " J’ai fêté en famille, nous dit Zakaria, nous étions à Bintan sur une des iles indonésiennes pas très loin de Singapore et nous ne sommes rentrés que le 31 et très fatigués."

Epouser son âme sœur
A quelque kilomètre de là, c’est la Chine. Là-bas, la nouvelle année n’est pas seulement que feux d’artifices. Elle est jour de mariage. Elle est également jour d’interaction culturelle. Et finalement, elle est jour de découverte. " J’ai fêté mon 31 avec les autres étudiants étrangers. Et il y’avait un du Burundi (un camarade de classe) qui se mariait. C’était l’occasion de découvrir la culture burundaise, leur danse et tout..." raconte, Michel Nikiéma, burkinabè étudiant en sciences et technologies de l’information à Jiangsu.

Sur le continent africain, au Maroc, d’autres Burkinabè ont célébré le début de la nouvelle année. Stagiaires militaire burkinabè, membres de la mission diplomatique, et quelques étudiants civils ont fêté comme s’ils étaient au Burkina Faso nous raconte Patrice Kouraogo, diplomate burkinabè à Rabat. Le comble pour le diplomate, était " la joie commune de se retrouver ensemble dans un pays qui n’est pas le nôtre et le soulagement individuel pour chacun d’avoir pu franchir le cap pour se retrouver dans l’année qui débute."

Un déhanchement de Désiré Sinaré. Une cinquantaine de personnes claquent des mains. Un blocage de reins de Mathieu Sawadogo. Le public crie. Et Ahmed Simani continue de chanter "Zalissa." Tour à tour, dans ce tourbillon de jeux de reins, Georges Ouédraogo, Djata, Flobi étaient, à travers leurs musiques, au Maryland aux Etats-Unis. Le public, des Burkinabè vivant dans le district de Columbia, du Connecticut et de New Jersey, est nostalgique. "Cette soirée est une opportunité de retrouvailles," une chance de renforcer les liens de fraternité affirme Isidore Sebgo à l’entame de la soirée.

La soirée a pris quelque fois une tournure dramatique.
" Nous devons nous organiser et recruter un avocat, " annonce Ki Philipe, un Samo de Toma.
"Pourquoi ?" demande l’assistance.
"Afin de ester en justice un coiffeur que Désiré (un moaga) a payé plein tarif alors qu’il n’a pas ses cheveux au complet," répond sans ambages Philippe. Cette plaisanterie, entre le Samo et le Moaga, fait éclater l’assistance de rires.

Désiré, pour seule réponse, passe la main sur sa tête et sourit. Sur son boubou de cotonnade blanc, les fils rouge, vert, et jaune parant les bordures du vêtement rappellent les couleurs du Faso. Et en ce jour spécial, Désiré dit avoir une pensée pour son épouse restée à Ouagadougou. Le boubou qu’il porte est un cadeau qu’elle lui a offert.

Redécouvrir des délices…
Au Maryland, l’attachement des Burkinabè à leur Faso natal se voit à travers leurs mets. Viandes brousses braisées à la salade d’oignons et de poivrons. Poulets rôtis aux épices. Riz gras aux légumes. To sauce épinards aux miettes de poissons frits, etc. C’est l’agape apportée par chaque membre de la communauté.

Cette sereine retrouvaille communautaire était loin d’être présente dans le monde. En Côte d’Ivoire, par exemple, les cœurs étaient remplis d’appréhensions. "Pouvons-nous sortir, aller loin de chez nous par exemple, la nuit sera-t-elle calme, la sécurité est-elle garantie ? Ce sont autant de questions que plusieurs personnes se sont posées," nous raconte l’ivoirien Serge Adam’s Diakité.

Dans ce climat d’incertitude et de tensions politiques, les pétards du 31 décembre et ceux du 1er janvier semaient la panique. Leurs éclats étaient " difficiles à supporter (confusion avec des tirs -d’hommes en armes - et rappelant nécessairement de mauvais souvenirs de coups d’Etat dans cette même période)," précise Serge.

Compatir aux douleurs
Nonobstant cette situation, Serge précise que ’’les marmites et les casseroles ont fait du bruit chez ceux qui ont les moyens de s’offrir de quoi manger et boire, notamment les fonctionnaires de l’Etat, entre autres. Ils ont reçu leurs salaires il y a quelques jours.’’ Néanmoins, ’’réalité plutôt difficile chez les contractuels, ouvriers payés à l’heure, vu que de nombreuses entreprises et autres Petites et Moyennes Industries n’ont pas ouvert régulièrement ces derniers temps, quant elles n’ont pas totalement fermé. Les chômeurs et autres sans emplois, n’en parlons pas.’’

Toutefois, en ces moments difficiles, la solidarité demeure. Comme le dit un adage africain, "lorsqu’il y en a pour un, il y en a pour plusieurs". "Et comme, il est de coutume, une fois le repas prêt, affirme Serge, on n’oublie pas de servir ses voisins les plus proches et les parents habitant d’autres quartiers."
La solidarité, certes est matérielle, mais elle est également morale. En Afrique de l’ouest, la fin de l’année 2010 a été marquée par des conflits post électoraux. Conséquences : chasse à l’homme, tueries, donc bien-être de millions de personnes hypothéqué. ’’Je formule un vœu particulier pour une sortie de crises et un retour rapide de la paix pour les pays concernés,’’ souhaite Zakaria.

Leaders conscients dans une société d’espérance
Dans cet imbroglio politique ivoirien, Serge désire paix et stabilité dans son pays, la Côte d’Ivoire. Et comme tout jeune ambitieux il désire "un boulot stable et conséquemment rémunéré pour me permettre d’être plus indépendant et de réaliser certains de mes rêves."
Depuis la Chine, Michel, lui appelle à l’éveil "des consciences des Africains ". La raison : "qu’on puisse amorcer un développement à l’image des pays émergents dans le domaine de l’éducation, de la santé, et des infrastructures."

Le passage à une année nouvelle marquant un renouveau et une espérance, pour Zakaria, c’est le moment de prendre "de bonnes résolutions et formuler des vœux." C’est également un moment propice pour renforcer les liens familiaux et surtout : " passer du temps en famille et avec des amis."


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