Djibo : Le péril des sachets plastiques

dimanche 27 novembre 2011

Djibo, le chef-lieu de la province de Soum est connu pour être le principal centre commercial de gros et de petits ruminants du Burkina Faso. Avec un important marché qui se tient chaque mercredi, cette ville de la région du Sahel burkinabè fait cependant face à la pullulation des déchets plastiques.

Accrochés aux arbres épineux dominants dans cette partie aride du Burkina Faso, éparpillés dans les terrains vagues ou jonchant derrière les habitations. Petits ou grands, blancs, bleus, noirs, rayés, les sachets en plastique utilisés à tout bout de champ défigurent le paysage.

Les déchets plastiques sont considérés comme une véritable calamité pour l’environnement du fait de leur impact très négatif sur la gestion des sols. Dans les zones urbaines, ils entraînent entre autres de graves problèmes d’infiltration des eaux. « C’est un gros problème au niveau du Soum. Nous tentons de sensibiliser les gens mais le problème des sachets plastiques persiste toujours », explique M. Traoré Issa Agent technique de l’Environnement à Djibo.

Outre le fait de défigurer la ville, M. Traoré pense que les sachets plastiques rendent la ville sale. Il soutient également que ces derniers sont dangereux pour les animaux, Djibo etant une vaste zone d’élevage. « Lorsque les animaux qui constituent la principale richesse des populations de cette zone avalent ces sachets, il y a des risques certains qu’ils périssent. Les plastiques ne sont pas digestibles et c’est pourquoi ils peuvent être mortels pour les animaux », affirme M. Traoré.

Vendeuse de galettes au bord d’une ruelle de Djibo, Alimata Ouédraogo n’a que les sachets plastiques pour emballer sa marchandise. Elle se dit consciente du danger que cette matière constitue pour les animaux mais se demande ce qui, à l’heure actuelle, peut les remplacer. « On nous a dit que les sachets plastiques de couleur noire étaient dangereux quand on les utilisait pour emballer les aliments. Maintenant nous utilisons les plastiques de couleur blanche », dit-elle. Toutefois, elle se dit prête à abandonner ces sacs s’il y a une autre solution.

Au niveau de la municipalité, en cette année 2011, le maire Oumarou Dicko promet de nettoyer sa ville : « Nous allons grâce à nos partenaires monter une association de femmes non seulement pour nettoyer mais aussi pour récupérer les sachets plastiques.

Si tous semblent conscients du danger que constituent les sachets plastiques pour l’environnement et les animaux, en dehors des messages de sensibilisation, il n’existe aucune mesure interdisant la vente ou l’usage des sachets plastiques. D’ailleurs, il n’existe pas d’alternative à l’usage de ceux-ci au Burkina Faso.

Constitués à partir du polyéthylène tiré du pétrole, les sachets plastiques ont été inventés dans les années 30 et sont devenus courants dans les magasins dans les années 70, leur durée de vie est estimé à d’au moins 100 ans, et beaucoup plus par certains spécialistes.

Ces plastiques qui envahissent la ville de Djibo sont non biodégradables et ils sont constamment emportés par le vent qui souffle assez fort en cette période de l’harmattan. Sans une action énergique pour les combattre Djibo risque de connaître le péril plastique.


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