Afrique :Dans le grenier, il n’ya que peu de mil

dimanche 27 novembre 2011

L’Afrique subsaharienne semble moins exposée aux risques liés à la flambée des prix des denrées alimentaires. Ce constat est du bulletin Food Price Watch. Cette structure suit les tendances des prix des aliments dans les pays en voie de développement.

Au niveau mondial, c’est encore 44 millions de personnes qui sont tombées dans la pauvreté. Et cela du simple fait de la hausse des prix des denrées alimentaires. Les prix ont progressé de 15% entre octobre 2010 et janvier 2011. Selon Food Price Watch, l’Afrique a bénéficié de bonnes récoltes de maïs, de mil, de sorgho et de manioc et d’une relative stabilité des cours du riz. Néanmoins, le prix du riz a connu une augmentation modérée à l’échelle mondiale entre juin et décembre 2010. Cette situation est critique.

Le riz reste le principal aliment de base dans de nombreux pays en voie de développement. On se souvient que la flambée du prix de cette denrée a été l’un des principaux déclencheurs de la crise alimentaire de 2008. Selon Hassan Zaman, économiste et auteur du Food Price Watch, un nombre important de la population mondiale reste affamé ou vit dans une insécurité alimentaire chronique malgré une relative stabilité des prix des denrées.

Pour lui, " Les progrès qui ont permis d’aboutir à une meilleure productivité agricole doivent être accompagnés des mesures visant à accroître les revenus des pauvres et à renforcer les filets sociaux de sécurité et les interventions nutritionnelles. "

Les ménages à faible revenu, lorsqu’acculés économiquement, recourent aux aliments " bourratifs " qui sont plus abordables, mais qui restent malheureusement sans grand apport nutritionnel affirme Food Price Watch. Or les carences d’ordre diététique ont des conséquences néfastes sur les enfants en bas âge, les femmes enceintes, les mères qui allaitent et les nouveau-nés. Le Burundi, qui a connu une augmentation de 41% du prix du riz et de 48% du haricot, est particulièrement vulnérable sur ce point. Il en va de même pour la République démocratique du Congo, où le prix du manioc a augmenté de 20% entre juin et décembre 2010.

Food Price Watch incite les décideurs à recourir à des mesures visant à amoindrir l’impact de la flambée des prix des denrées alimentaires sur les populations.
Sur ce plan, la Banque mondiale a mis en place depuis mai 2008 un Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale. L’objectif de ce programme : aider les pays les plus durement frappés par l’augmentation des prix des denrées.

Quelque 40 millions de personnes démunies bénéficie dudit programme. Avec un fonds de 1,5 milliard de dollars, ce programme apporte son assistance à une quarantaine de pays à faible revenu sous la forme d’aides agricoles telles que de nouvelles semences améliorées et systèmes d’irrigation.


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