CPI, Charles Taylor en attente du verdict, le Burkina mis à l’index

dimanche 27 novembre 2011

Les 9 et 11 mars dernier, à Leidschendam près de La Haye, au Pays-Bas, le procès contre Charles Taylor, l’ancien président du Liberia, a pris fin. Taylor a été accusé d’avoir armé et soutenu les rebelles sierra-léonais durant la guerre civile. Ce procès contre Taylor a duré trois ans. Nous avons obtenu le procès-verbal et voici ci-dessous le résumé de la plaidoirie des derniers jours. La décision finale de la Cour concernant l’affaire sera rendue avant la fin de cette année.

Au cours du procès, le procureur Nicholas Koumjian a affirmé que les dirigeants tels que Mouammar Kadhafi et Blaise Compaoré ont soutenu le RUF, mais le carnage qui a eu lieu en Sierra Leone a été le fait d’une armée qui a agit par "procuration et sous l’ordre d’une seule personne, Charles Taylor". Kadhafi et Compaoré, "ont aidé à construire le réseau. La communauté internationale n’a pas traduit en justice Kadhafi, ne s’en prend pas à Blaise Compaoré, elle traine Charles Taylor en justice, parce qu’il est celui qui contrôlait les groupes rebelles qui ont commis des crimes horribles."

Selon Koumjian, "l’implication de Mouammar Kadhafi et Blaise Compaoré a été prouvée... il ya certainement des preuves que ces dirigeants ou leur gouvernement ont assisté le RUF". Toutefois, il a ajouté que "Le RUF ne combattait pas pour Blaise Compaoré. Il n’a pas combattu… pour Mouammar Kadhafi". Néanmoins, Koumjian reconnaît que "les armes et munitions venaient soit du Burkina Faso ou de la Libye". Il a également souligné que des experts de l’ONU ont mentionné le fait que c’est le Général Diendéré du Burkina Faso "qui avait signé le document autorisant le débarquement des armes au Burkina Faso en Février 1999". Ces armes venues d’Ukraine ont transité par le Burkina Faso. Selon l’avocat, ce fait a été confirmé par un témoin qui a assisté à la livraison d’armes entre le Burkina Faso et le Libéria.

Selon l’avocat Griffiths, Kadhafi est l’une des personnalités clés ayant permis le bain de sang en Sierra Leone. Pour étayer ses propos, l’avocat entre autres preuves a fait cas d’une lettre manuscrite du Caporal Foday Sankoh, chef du RUF demandant de l’aide aux responsables libyens. Cette lettre était adressée à son frère Mohammed Talibi, du Bureau de la Jamahiriya libyenne situé à Accra au Ghana. Selon Griffiths, la justice doit être uniformément appliquée à tous, et peu importe que l’on soit "une princesse ou une prostituée, que vous êtes le président des États-Unis ou le président du Liberia, la loi est au dessus de vous."

L’avocat a qualifié le procès contre son client de "poursuites sélectives [...] politiquement motivées". Il a souligné le fait que David Crane, le premier procureur à l’ONU soutenu par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, a déclaré que Mouammar Kadhafi est le responsable des conflits en Afrique de l’Ouest.

Au cours de son plaidoyer, critiquant la Cour, Griffiths a déclaré que cette situation porte "un déshonneur sur la Cour qui a sali les nobles idéaux de la loi pénale internationale en transformant [le cas Taylor] en une forme de défense du néo-colonialisme du 21ème siècle, et je ne suis pas prêt de m’excuser pour avoir dit cela." Egalement, Griffiths a mentionné que Taylor croit que certaines puissances internationales veulent "lui nuire" car "le ministère public a acheté des témoins en leur offrant des sommes colossales grâce a un fonds obtenu par le premier procureur en chef, David Crane, du gouvernement américain".

Le procès contre Taylor a commencé en Juin 2007. Selon la Cour, Taylor a armé les rebelles du Front révolutionnaire uni sierra léonais, en échange de diamants. Taylor a plaidé non coupable aux 11 chefs d’accusation concernant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


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