Monde rural, le Net pour connaître le cours du prix des produits céréaliers

lundi 28 novembre 2011

La Fédération des producteurs professionnels de la Sissili (FEPPASI) a crée des cybercentres dans quelques villes enclavées du Burkina. Ces cybers sont le moyen pour les paysans de connaître et de vérifier le prix des céréales et des vivres sur le marché national. Par le biais des TIC de nouvelles valeurs ont fait leur apparition.

« Certains commerçants véreux des grandes villes venaient tromper les paysans sur les prix des produits et des intrants agricoles. Aujourd’hui, on ne peut plus venir tromper un paysan, depuis que le cyber existe à Boura » assure le président de la Société coopérative de production céréalière (SOCOPROC) et de la FEPPASI Joseph Dagano. La Fédération des producteurs professionnels de la Sissili (FEPPASI) grâce à l’appui de l’Institut International pour la Coopération et le Développement (IICD) a crée trois cybercentres en mars 2005. L’un à Béhia, l’autre à Boura et le dernier au siège de la FEPPASI. La ville de Boura compte de 26 347 habitants et est située à cinquantaine de kilomètre de Léo, le chef-lieu de province. Ce chef-lieu est à 165 km de la capitale politique, Ouagadougou. La création de ces cybercentres répond à un besoin. « Faire face au déficit d’information et de communication » comme l’affirme Joseph Dagano. Le paysan, avec le Net, arrive donc à contacter ses collègues des autres villes du Burkina Faso et à avoir l’information vraie sur les prix des céréales et les intrants.

Harro sur les arnaqueurs
Comme le dit Joseph Dagano, bien avant les TIC, les paysans faisait foi aux propos des commerçants venant achetés leurs productions. S’étant rendu compte que cles acheteurs leur les grugeant sur les prix des vivres et autres céréales, les paysans ont décidé de se connecter à Internet pour avoir les bonnes informations. Ils ne refusent de se faire arnaquer. Ainsi donc, avec Internet et la téléphonie mobile, ils sont mieux informés. Partant de ce fait, les NTIC ont déclenchés un nouveau comportement dans cet espace social auparavant basé sur l’oralité.

L’information véhiculée par les NTIC est donc chargée de connaissances nouvelles, d’informations vraies. La parole d’autrui perd plus ou moins sa valeur intrinséque. Les NTIC permettent de la revérifier, de la recouper. Ces technologies amorcent donc la construction de nouvelles identités et désagrègent les anciennes. L’adhésion massive des paysans aux nouvelles formes de communication, via les NTIC, s’est opérée que parce qu’il y a menace immédiate sur leur devenir, leur épanouissement, leur gagne-pain. Somme toute, les paroles de son semblable. « Dans les villages, le recours aux NTIC n’est pas le résultat de choix préalablement raisonnés, mais celui de violences imposées, bon gré mal gré », déclare le sociologue burkinabè André Nyamba.

La Feppasi est membre d’un groupe de discussion et d’échange sur Internet. Et la recherche des informations se fait ésormais à moindre coût. Car « La présence du cyber à Boura fait qu’on évite certains déplacements. Avant, pour envoyer certains documents à Ouagadougou, il fallait se déplacer. Ce qui engendre des coûts de carburant ou des frais de transport, sans oublier l’effort physique, les frais d’eau et de restauration. Maintenant, c’est beaucoup plus simple », soutient Joseph Dagano. Aussi bien les commerçants, que les élèves, et les fonctionnaires utilisent le cyber. Qui pour des travaux scolaires, qui pour envoyer des messages qui pour commander des pièces détachées d’engins aux parents habitant la capitale politique Ouagadougou. Par la suite, les paquets commandes sont convoyés par des transporteurs. Et au finish, ces usagers dépensent pour la connexion Internet 1000 FCFA pour une heure. Bien avant Internet, ils avaient à payer plusieurs dizaines de mille pour l’achat de leurs produits. Avec cet outil, ils réalisent des économies.

Outre les cybercentres de la Fesppassi, deux privés dans le chef-lieu de Léo, exploitent le marché des TIC. Ces exploitants rencontrent d’énormes difficultés liées au débit de connexion et à sa régularité. Suite à des interruptions successives de connexion et la faiblesse du débit, Salifou Traoré, gérant du cyber se consacre désormais à la rédaction de documents. En plus, il met à la disposition de ses clients un téléphone pour les communications locales et internationales. Salifou Traoré trouve dommage que l’Etat burkinabè dans sa politique de vulgarisation des NTIC oublie les villes secondaires en matière de communication au profit de Ouagadougou, la capitale politique et de Bobo-Dioulasso, la capitale économique.

La soif du savoir
L’absence de connexion dans la ville de Léo constitue un manque à gagner économique pour les gérants et la population. Plus d’entrée d’argent. Conséquences : le personnel engagé est au chômage. C’est également un isolément au point de vue de la réception et de la recherche d’informations pour les internautes. « Depuis que la connexion est interrompue dans les cybers de Léo, je n’ai plus eu l’occasion d’ouvrir mon compte mail. Ce qui est regrettable, c’est qu’on est plus informé », lance tristement, Ousmane Zongo, internaute.

La FEPPASI par le biais de son journal interne, des animations audio-visuelles faites avec PowerPoint sensibilisent les paysans sur les techniques d’amélioration de leurs productions, à l’utilisation des intrants. Elle utilise un ordinateur portable, un vidéo-projecteur pour animer, informer et sensibiliser les producteurs.

Les populations rurales de la province de la Sissili, tant bien que mal se frottent aux nouveaux modes de communication que sont l’Internet, le téléphone, l’utilisation des ordinateurs... Léo et sa commune rurale Boura tirent la majeure partie de leur revenu de l’agriculture et de l’élevage. Plus de 95% de la population cultive la terre et élève du bétail. 85% de cette population est analphabète. Parmi elle, on compte un grand nombre de paysans. Ces critères décrivent une société fortement rurale. Une société qui s’ouvre peu à peu aux mondes des technologies de l’information et de la communication.


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