Grahmstown : Highway Africa, l’accès à l’information est un droit citoyen

lundi 28 novembre 2011

Discuter, échanger et apprendre, c’est ce à quoi se sont adonnés les 700 délégués venus de 143 pays du monde (Burkina Faso, Mali, Belgique, France, Rwanda, Ghana, Nigeria, Chine, Singapour, Etats-Unis, Cameroun, etc.,).

En effet, du 05 au 7 juin dernier, les trois organisations que sont le Congrès mondial sur la formation en journalisme, le Forum des Editeurs de presse et Highway Africa se sont retrouvés à Grahamstown en Afrique du sud pour réfléchir sur les défis et les perspectives du journalisme.

Au cours de cette conférence, Cherif Sy, vice-président du Forum des éditeurs de presse africains a affirmé au cours d’une conférence que l’accès à l’information est une nécessité citoyenne. Toutefois, afin que la population africaine puisse en jouir, il est impérieux que les Etats africains respectent d’abord les constitutions qui garantissent ce droit. Ensuite, il est impératif que ces mêmes Etats donnent la possibilité à leur population de s’approprier ce droit.

Concernant ce dernier droit, Sampa Kangwa-Wilkie, directrice du programme sur la législation des médias en Afrique australe au MISA soutient qu’afin que la population tout comme les journalistes fassent siennes du droit d’accès à l’information. Il faudrait d’abord qu’ils appréhendent l’essence de ce droit là. D’ailleurs, Sampa Kangwa-Wilkie souligne qu’en Afrique australe près de 70% des journalistes ont une idée vague ou pire, ils ont une idée erronée de la notion d’accès à l’information. Il pense que la lutte pour la concrétisation du droit à l’information et à l’accès aux sources d’information sont un combat civil qui doit unir population et journalistes.

De ce fait, elle affirme qu’une campagne sous régionale permettra au Misa d’informer les journalistes et surtout les populations de l’Afrique australe. Concernant cette dernière affirmation, Cheriff Sy pense que même si le droit à l’information et à l’accès aux sources d’information sont un droit citoyen, il n’en demeure pas moins que ce sont les journalistes qui jouent aux avant-gardistes. Selon lui, depuis la déclaration de Windhoek sur la liberté d’expression en 1991, les journalistes ont payé le plus lourd tribut dans les luttes pour la conquête de la liberté d’expression.

En effet, depuis cette date, Cheriff Sy affirme que près de 200 journalistes sont morts assassinés durant l’exercice de leur profession. Et malheureusement, près de 20 ans après, le carnage continue. En effet, le 24 juin dernier, le journaliste d’investigation Jean Léonard Rugambage a été assassiné à son domicile par des individus armés après qu’il ait publié une investigation sur l’assassinat manqué d’un Général rwandais en Afrique du Sud.

Selon Guy Berger, chef de département de Journalisme et medias de Rhodes University à Grahamstown et coordinateur du Congrès mondial sur la formation en journalisme, la rencontre de Grahmstown a permis aux pays africains de contribuer aux débats sur la profession et son enseignement dans les différentes institutions. En effet, en 2007, lors de la première rencontre du genre à Singapour, nombreux sont les délégués des pays africains qui n’ont pas pu prendre part à la rencontre, faute de ressources.

Au cours de cette rencontre, les participants ont appréhendé les thèmes tels "journalisme et conflits", "l’essence du reportage de guerre", "défis et perspectives pour un enseignement efficace du journalisme", etc. Cette conférence a eu également pour but de trouver un consensus sur l’enseignement des principes du journalisme dans les écoles d’Afrique et du monde.

Guy Berger espère que les résultats des travaux qui ont eu lieu durant la conférence permettront aux différentes structures d’enseignement du journalisme de renforcer leurs programmes d’enseignement.

A cette conférence internationale étaient présents des experts de renoms tels Dan Gilmore, le pionnier du journalisme citoyen, de Marie-soleil Frère de l’Université Libre de Bruxelles, de Kwamé Karikari du Ghana. Le Pr. Serge Théophile Balima et le Dr. Gouba Firmin ont représenté le département de journalisme et de communication de l’université de Ouagadougou à cette conférence.


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