Tremblement de terre : exhumer un gouvernement haïtien des décombres

mardi 29 novembre 2011

Des ruines du tremblement de terre du 12 janvier dernier pourraient sortir un nouveau gouvernement haïtien capable d’œuvrer pour la reconstruction du pays.

Prés de deux semaines après le séisme, les estimations font état de 200 000 à 250 000 morts dans la capitale Port-au-Prince qui compte près de trois millions de personnes ; plus d’un million d’individus vivant dans le dénuement le plus total. Et la compassion du monde entier a été à la hauteur du désastre haïtien. Washington a déjà débloqué une aide de 100 millions de dollars ; la France et la Grande Bretagne respectivement 10 et 33.5 million de dollars, etc. Les projections prévoient le montant des dons à plus d’un milliard de dollars.

Au niveau militaire, les Etats-Unis sont le pays qui a le plus de personnes déployées sur le sol haïtien : 16 000. Et ces derniers se sont imposés comme la force supervisant les opérations d’aides. L’armée haïtienne n’existant plus depuis 1995 parce qu’impliquée dans les nombreux coups d’État qu’ont connu le pays, c’est une opportunité pour les États-Unis d’occuper l’espace. D’ailleurs, les hommes de Obama contrôlent l’aéroport d’où transitent les logistiques. Et certaines frustrations se font ressentir dans le monde des ONG du fait qu’elles tardent à recevoir les équipements devant les permettre de venir en aide à la population. Cette situation a été dénoncée entre autres par Médecins sans frontières.

Depuis le 12 janvier et jusqu’ à ce jour, une urgence demeure : gérer de façon efficiente la distribution de l’aide. Car elle parvient très lentement à la population. Ce qui exacerbe la colère d’une population déjà éprouvée. Cette dernière manque toujours d’eau, de nourriture, des médicaments, de tentes, Etc. Depuis, le tremblement de terre, seulement 200 000 personnes ont pu bénéficier d’une prise en charge alimentaire or plus de trois millions sont dans le besoin. Et plus, il y a du retard dans l’acheminement de l’aide, plus il y a de morts. Dans cette situation chaotique, les Nations Unis ont demandé à ses médecins de quitter le pays étant donné qu’il est insécurisé.

La gestion de cette situation haïtienne s’avère difficile pour les Etats Unis. L’expertise acquise avec la gestion de la catastrophe engendrée par l’ouragan Katrina dans le New Orléans en 2005 ne leur est pas suffisante. Faire appel aux pays asiatiques victimes du tsunami contribuerait à la résolution d’une situation déjà trop chaotique. Avant le tremblement de terre, Haïti était un désastre humanitaire : absence de services de santé de base, de voies décentes de communication, d’infrastructures socio-éducatives, etc.

Outre cela, avec le tremblement de terre, il n’y a point de gouvernement. D’ailleurs, ce qui reste du gouvernement du président René Préval rencontre les responsables des institutions présentes dans le pays dans les locaux de la police.

Dans cette anarchie, il n’est nullement prématuré de penser à l’organisation et à la reconstruction du pays. Avec des victimes installées sur plus de 400 lieux en plein air, la décision a été prise par René Préval de décongestionner Port-au-Prince en relocalisant certaines victimes dans les villages environnants. Cette décision est salutaire du fait que plus ces demeures de fortunes existent, plus il sera difficile de les dégager et d’envisager une reconstruction et une adéquate urbanisation.

Avec ce drame, Haïti, plus que jamais, a besoin d’un gouvernement fort. Haïti même si pour fait de misère a pris l’habitude de dépendre de l’aide internationale, il revient à ses filles et fils de construire leur pays. Et ce avec l’aide de leaders locaux qui devraient reconnaître et saluer leurs valeurs et leurs capacités.


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