Obama : premier anniversaire sur secousse politique

mardi 29 novembre 2011

Le gâteau de son premier anniversaire d’investiture a du avoir un goût amer pour Barack Obama, le 44e président des Etats-Unis. Le 19 janvier dernier, soit la veille de l’investiture de Obama, les démocrates ont perdu la majorité absolue au Sénat.

L’élection de Scott Brown, un républicain, sénateur depuis seulement 5 ans, a succédé à Ted Kennedy dans l’Etat du Massachusetts. Dorénavant, au Senat, les républicains contrôlent 41 sièges sur 100, et les démocrates 59. Leur majorité absolue était à 60 et cela leur permettait d’empêcher les républicains de bloquer le projet devant permettre à plus de 30 millions d’américains de bénéficier de soins de santé. Cette défaite rend donc incertain le vote et l’adoption des reformes concernant le système de santé. Or Ted Kennedy était l’un des fervents défenseurs de cette reforme et Obama tient à lui rendre hommage en faisant adopter ledit projet.

Le Massachussetts est un Etat qui pendant 47 soit depuis 1952 a toujours voté un sénateur démocrate en l’occurrence Ted Kennedy. Ce volteface des ‘’Massachussettiens’’ a surpris les démocrates. D’ailleurs ces derniers, n’ont pas mené de campagnes intenses à l’image de leur concurrent républicain, croyant que la notoriété de Ted lui suivra et la population lui rendrait hommage à travers les urnes.

Le choix d’un poulain guidé par lui et connu de tous durant sa longue vie politique aurait peut-être permis d’éviter cette humiliation ressentie par les démocrates avec la perte d’un des leurs fiefs.
En fait, la perte de cet Etat stratégique transcrit un mécontentement populaire. Ce mécontentement est lié entre autres à la réforme du système de santé, au taux de chômage toujours élevé et aux abus des banques ayant provoqué la crise économique que le monde entier traverse. Obama vient d’annoncer ce 21 janvier des mesures interdisant aux banques et autres institutions financières de posséder, d’investir et de soutenir des fonds spéculatifs mettant à risque les fortunes des individus.

Plus particulièrement, les minorités comme les Noirs se sentent délaissés, pire oubliés, eux qui avaient vu Obama comme celui qui mettrait fin à leur malheur. Plus de 40% des Noirs pensent que leur situation n’a pas changé avec la venue de Obama à la maison Blanche. 12% pensent que leur situation s’est empirée. D’ailleurs, ils avaient à plus de 90% voté pour lui. Ne cachant pas leur mécontentement, les élus noirs du Congrès ont invité Obama à créer des emplois pour les minorités et plus précisément pour les Noirs.

Le mécontentement général des Américains se fonde sur la lenteur avec laquelle se réalise le changement tant prôné par Obama. En effet, lorsqu’il a prêté serment le 20 janvier 2009, c’était l’euphorie et l’espoir d’un lendemain meilleur pour bon nombre d’Américains. Le « Yes, we can » avait séduit et conquis, mais aujourd’hui, la majorité des Américains pensent que leur président n’a pas apporté le changement promis : fermer Guantanamo, se retirer de l’Iraq et de l’Afghanistan, réformer le système financier, et surtout donner plus de travail aux Américains, etc. La cote de popularité de Obama a donc subit des secousses et porte donc des fissures.

Elle a chuté de 70% a à peine 50%. Pourtant ce dernier, lors de ses campagnes et durant une année de présidence a à plusieurs reprises répété à son peuple qu’il n’ya pas de victoires sans douleurs et que le processus de changement prendra du temps et parfois les décisions à prendre seront un coup à la routine. Mais, il est apparent que les Américains n’en ont cure. Ils veulent tout et toute de suite et vont jusqu’à avoir la nostalgie d’un passé qu’eux-mêmes ont décrié. Or en plébiscitant Obama, ils lui ont donné l’autorisation de traiter des dossiers problématiques hérités de Bush fils, George Bush dont les actions avaient été qualifiées d’irresponsables. Ce dernier avait été qualifié de personne menant des guerres inutiles dans le monde et foulant aux pieds les lois internationales, etc.

Et Obama s’est donné comme mission de stabiliser la crise économique américaine qui a fait écroulé le marché international, d’améliorer l’image des Etats-Unis au plan international. Il a donné de nouveaux objectifs aux guerres menées par ses troupes en Afghanistan et en Iraq, banni la torture, etc. Mais évidemment, ces changements laissent les américains indifférents sinon, insatisfaits et grognons. Un bémol toutefois, la réactivité de Obama en ce qui concerne la gestion de la catastrophe tellurique qui frappe Haïti depuis le 12 janvier dernier lui a attiré un capital de sympathie.

Pour ses bons offices, en une année en tant que 44e président des Etats-Unis, Obama a fait le tour du monde : voyageant deux fois plus que George Bush. Et depuis Jimmy Carter, il est le second à s’être rendu dans le Moyen Orient.
Obama, le premier président américain en exercice ayant obtenu le Prix Nobel de la paix, apprend à ses dépends que nul n’est prophète chez lui même si l’est à l’extérieur. Ce 21 janvier, il a promis accorder plus d’attention aux affaires internes et dialoguer plus souvent avec ses compatriotes. Le message envoyé par le Massachussetts semble avoir été reçu par lui.

Même s’il a encore trois ans pour satisfaire les Américains, Obama sait que pour la prochaine présidentielle, son peuple ne lui fera pas de cadeau à la moindre erreur : ce sera zéro chance pour un second mandat.


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