Fada N’Gourma a une limousine communale

vendredi 30 décembre 2011

A Fada N’Gourma, les taxis-motos sont devenus une source de revenus pour plus d’une centaine de personnes.
D’un seul taxi-moto en 2008, aujourd’hui, la ville de Fada N’Gourma enregistre 130 de ces engins à deux roues. Depuis près de cinq mois, Bouréima a fait de la conduite de taxi-moto son métier. Habillé de son uniforme de travail de couleur jaune et vert, d’un pantalon blue jean et d’une casquette noire, Bouréima est revenu de la Côte d’Ivoire à la faveur de la crise postélectorale. « Avant la crise, je travaillais au port autonome d’Abidjan. De retour ici, n’ayant pas pu avoir un autre travail, j’ai choisi de faire ce travail pour avoir de quoi vivre », affirme-t-il.

A Fada, tout le monde n’a pas les moyens de s’acheter une moto ou une mobylette. Et lorsqu’on est obligé de parcourir une longue distance, l’on fait recours à ces nouveaux moyens de transports en commun qui semblent faire l’affaire de bien de personnes. C’est le cas de Jacques : « Franchement, ces taxis-motos rendent un grand service à la population de Fada. Ils nous permettent de nous déplacer plus facilement et plus rapidement ». Il arrive aussi que ces taxis-motos se substituent à l’Etat : transporter le malade vers les centres de santé. Un constat que soutiennent Abdoulaye et Joseph, membres de deux structures associatives : « La nuit, si vous avez le numéro de l’un d’eux et que vous l’appelez en urgence, il viendra vous aider à transporter votre malade ».

Le coût du trajet est fonction de la distance à parcourir
Le prix de la course est fixé en fonction de la distance et de l’heure de la journée. « Si nous devons transporter le client d’un point à un autre de la commune, il doit payer 200 f CFA pour une course. Mais, si c’est au de-là de la ville, ce montant peut aller à 300 f ou 500 f CFA ».
La vie de conducteur de taxi-moto n’est pas de tout repos. A en croire Bouréima, il arrive des journées où il transporte plus de quarante clients. Comme plusieurs de ses collègues, Bouréima travaille pour le compte d’une autre personne. Chaque jour, il doit verser la somme de 2000 f CFA au propriétaire de la moto. En plus de cette somme, il ya l’achat du carburant. Il dit débourser entre 3.000 f à 3.600 f CFA par jour pour cela. Le coût de certaines pannes mineures (comme les crevaisons des pneus) sont à sa charge.
A la question de savoir si ce travail lui permet de vivre correctement, Bouréima répond : « ça dépend du nombre de clients que j’ai et de l’état de la moto. Même si ce travail ne permet pas d’avoir tout ce dont j’ai besoin, ca m’aide à être à l’abri de certains besoins essentiels ».

Une activité diversement appréciée
Beaucoup d’usagers à Fada ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de ces conducteurs de taxis-motos qui rendent service à la population, cela, parfois au risque de leur vie. En effet, la police municipale de Fada a enregistré plusieurs cas d’agression de conducteurs de taxis-motos qui ont soit été dépouillés de leur moyen de travail, soit de leur recette ou qui ont été victimes d’agressions physiques. Mais, cela n’empêche pas certaines personnes d’avoir des griefs contre ces messieurs qui travaillent presque 24h/24. Elles leur reprochent en premier, le non respect des feux de tricolores et panneaux de signalisation, de même que la vitesse excessive.
Abdoulaye Nassouri, sous-officier à la police municipale de Fada, renchérit : « La plupart de ces conducteurs de taxis-motos n’ont reçu de formations relatives au code la route ».

Lorsque la police municipale constate une infraction, elle n’hésite pas à les « mater » en leur infligeant une contravention de 6000 f CFA. Deuxièmement, on accuse les conducteurs de taxis-motos de contribuer à « l’expansion » de la prostitution. « De 22h à 04 du matin, si vous sortez, c’est uniquement les filles de bars et autres prostituées qu’ils convoient chez leurs clients », affirme ce responsable d’une structure régionale de l’Etat. Et cet autre habitant de Fada de renchérir : « Les conducteurs de taxis-motos livrent parfois ces filles à certaines personnalités de la ville ». Un fait que reconnait Bouréima et par la suite ces filles deviennent des « clientes fidèles » qu’il faut conduire dès qu’elles appellent. Mais il arrive des fois où les filles ne respectent pas le contrat. Du jour au lendemain, elles quittent la ville sans s’acquitter de l’argent qu’elles doivent aux conducteurs. Ceux qui ont un peu de chance voient leur crédit remboursé en « nature » en acceptant de céder aux avances de certaines prostituées.

Au fil du temps, l’activité de conducteurs de Taxis-motos gagne du terrain. Pour la rendre profitable à tous, il incombe à la municipalité de mieux l’encadrer.


Actualités Burkina-ntic

  • Les questions que l’on pose à un pauvre enseignant en début de rentrée, monsieur, ma fille, mon fils a eu son bac. quelle filière est bien ? Voir l'integralité
  • Economie numérique : Bientôt un salon sur le commerce électronique Voir l'integralité
  • Astuces techniques du jour : comment modifier un fichier PDF en word Voir l'integralité
  • Université Ouaga 2 : Les meilleurs étudiants reçoivent des tablettes, dernière génération Voir l'integralité