Egypte : La résistance pour la transparence

vendredi 30 décembre 2011

Le Conseil militaire en Egypte a pensé qu’il pouvait se jouer de la population égyptienne. Mais c’était mal la connaitre. Elle qui en janvier dernier et cela pendant 18 jours s’était battue, a veillé, sué et s’est vue martyrisée pour jouir du départ de Hosni Moubarak au pouvoir depuis 30 ans.

De ce fait, elle est loin d’accepter d’être dirigée par les proches collaborateurs de ce président déchu. Depuis le 20 novembre dernier, la place Tahrir est devenue le QG des combattants de la liberté, la demeure de plusieurs milliers d’Egyptiens qui ont soif de changement libérateur. Huit mois après avoir chassé Moubarak, nombreux sont les Egyptiens qui se sentent floués par les militaires. L’économie du pays s’est effondrée.

Les promesses d’augmentation de salaire minimum n’ont toujours pas été tenues. L’insécurité est grandissante et les vols sont récurrents. Pire, l’armée a muselé toute tentative de contestation : 13 000 personnes pour avoir manifesté ou participé à une grève d’entreprise ont été arrêtées et traduites devant des tribunaux militaires. Ainsi, fils et filles de cette terre des pharaons ont promis lutter contre cette armée qui avait promis faire la transition et remettre le pouvoir aux civils.

Ayant pris goût au pouvoir, cette armée a oublié de tenir parole. Mais heureusement que les Egyptiens veillent et ils désirent que leur lutte aboutissent : vivre dans une société libre où leur droit et dignité soient réels et respectés. Et pour ce faire, ils sont prêts à se battre, à réclamer ce qu’ils pensent essentiels à leur épanouissement en tant qu’individu. Ni baïonnette, ni gaz lacrymogène ne les feraient reculer. Déjà une quarantaine de personnes sont mortes et près de 1000 blessées.

Le Conseil militaire, lui, vient de promettre des élections pour avril et a promis quitter le pouvoir après un referendum. Dans un discours à la nation diffusé en direct par la télévision nationale, le chef du Conseil suprême militaire, le maréchal Mohamed Hussein Tantawy, a déclaré que le Conseil a accepté la démission du gouvernement du Premier ministre Essam Sharaf. Il a affirmé que des élections législatives auront lieu le 28 novembre et la présidentielle au plus tard le 30 juin 2012.

Cette révolte fait penser à cet adage : « Quand l’esclave a soif de liberté, peu importe la solidité des chaines qui le privent de liberté. Il les brisera. » Cela vaut pour tous les peuples.


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