Le maire Chirac condamné, en attendant le jugement du président

vendredi 30 décembre 2011

Au plan international l’année 2011 a été bien particulière au niveau de la politique. Bon nombre de chefs d’état aussi bien africains qu’européens ont été mis au devant de la scène pour fait de mauvaises gestions. Presque tous les présidents intouchables, de Bouteflika à Moubarak en passant pas Jacques Chirac ont été condamnés.

En France, Chirac vient d’être condamné, depuis le 15 décembre dernier, à deux de prison avec sursis. Certes cette peine est symbolique et une première. Toutefois, elle montre qu’un président en France peut être maintenant condamné. En fait, cette décision marque une rupture dans la conception française du pouvoir présidentiel. Charles de Gaule, le père de Constitution française actuelle avait fait de telle sorte que le chef de l’Etat soit protégé des procédures judiciaires. De ce fait, la justice française a toujours considéré que « toucher » au président, c’est nuire à la nation. Il en est de même pour son entourage immediat.

D’ailleurs l’on se souvient que Jean Sarkozy, conseiller général des Hauts-de-Seine, l’un des fils du dirigeant Sarkozy avait en 2008 percuté avec son scooter un automobile. Au finish, le tribunal a innocenté Jean Sarkozy et le conducteur a été condamné a lui versé 2000 euros pour « procédure abusive et téméraire. »

Avec la justice française qui vient de condamner Chirac, l’égalité devant la loi est en train de devenir une règle générale applicable à toutes les composantes de la fratrie. Toutefois, cette condamnation pour bon nombre de politiques français est une aberration, une honte, un non-lieu. François Baroin, ministre de l’Economie, dès l’annonce du verdict a affirmé que sa considération pour Chirac demeurait intact : « Rien ni personne ne modifiera le regard respectueux que j’ai pour l’action qu’il a eue au service du pays ».
Et ce 15 décembre lorsque le verdict a été prononcé, sûrement que certains des magistrats frustrés de s’être heurtés au mur de protection contre un président français, ont éprouvé une certaine satisfaction. Ce qui n’est pas le cas pour la fille adoptive de Chirac, Anh Dào Traxel. « La décision est trop sévère, » a-t-elle- affirmé.

Symboliquement, Chirac rejoint le club des chefs d’état français condamnés. Son prédécesseur est le Marechal Pétain. Ce dernier avait été condamné en 1945 pour haute trahison. Il avait coopéré avec le régime fasciste qui avait envahi la France.

Nonobstant l’effort des juges de rendre un ancien président français justiciable, ce dernier n’est toujours pas un justiciable ordinaire. Mais une chose est sûre : il n’est plus intouchable. Et l’heure de gloire de cette justice viendra lorsqu’elle condamnera un ancien chef d’état français.
Car avec cette peine de prison de deux mois avec sursis, ce n’est pas l’ancien ministre, premier-ministre ou le président Chirac qui a été condamné, mais l’ancien maire de Paris qui avait trempé dans la corruption et l’utilisation de l’argent public à des fins personnelles.

Et si pendant plus d’une dizaine d’années ses avocats ont fait tout pour lui éviter la justice, cette dernière a fini par le rattraper et cela a un bien mauvais moment pour lui : il est malade et âgé de 79 ans. Ce qui fait dire à l’ancien chef du Front national, Jean-Marie Le Pen, qu’il a été rattrapé « à la porte du cimetière ».

Même si le ton de Le Pen est cynique, il faut reconnaitre que cette action judiciaire à l’ endroit de Chirac compte dans une démocratie, surtout lorsqu’elle veut se positionner en modèle planétaire.


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