Le Groupe Bolloré et l’appropriation illégale de terre en Sierra Leone et au Cameroun

dimanche 3 juin 2012

En Sierra Leone et au Cameroun, la Société financière des caoutchoucs (Socfin), filiale du Groupe Bolloré veut exproprier les communautés pygmées Bagyeli du Cameroun et celle de la chefferie de Malen, district de Pujehun, au sud de la Sierra Leone. L’objectif de la Socfin : étendre à l’infini ses plantations industrielles de palmiers à huile et d’hévéas.

En effet, selon un projet signé en mars 2011, Socfin veut, en plus de ses 6 500 ha de plantations de palmiers à huile dans le sud de la Sierra Leone, y ajouter 5 000 ha. Toutefois, les populations s’opposent. Ainsi, depuis 2008, aussi bien en Sierra Leone qu’au Cameroun, les populations crient aux scandales. Leurs terres leur ont été arrachées avec la complicité de leurs autorités politiques et attribuées à la filiale du Groupe Bolloré.

Même si l’entreprise affirme qu’elle créera des emplois, dédommagera les populations et construira des infrastructures, cela n’est pas pour rassurer ces dernières. Elles affirment qu’elles n’ont pas été impliquées au début du projet et pensent qu’elles ne le seront pas au démarrage. D’ailleurs, en octobre 2011, 40 manifestants ont été arrêtés pour avoir protesté contre cette situation.

Outre cette question, l’entreprise française, comme bien d’autres, sous-paie ses employés africains. En mars dernier, c’étaient les employés de Areva Niger qui se plaignaient. Par rapport aux bas salaires, les employés des plantations d’hévéas et de palmiers à huile de la Sierra Leone, par exemple, ont dénoncé des conditions draconiennes et abominables de travail. Pourtant, localement, c’est eux qui font vivre l’entreprise. Par rapport à ce point, la Socfin affirme qu’elle ne veut pas payer ses employés au delà du salaire local et ainsi créé un déséquilibre social.

Face aux différentes incriminations, la filiale Bolloré refuse ces accusations et affirme qu’elle vise un développement durable dans les différents pays où elle est implantée.

Encore une fois, nos dirigeants africains doivent veiller aux intérêts de leurs populations et non à ceux des grandes sociétés étrangères qui font leur fortune en surexploitant éhontement les Africains. Toutefois, à population consciente, l’avenir est toujours radieux.


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