Niger : 44 milliards pour acheter des armes de guerre

lundi 18 juin 2012

En avril dernier, le Niger a alloué 44 milliards de F CFA de son budget de 1307 milliards à l’achat d’armes militaires. Pourquoi des armes alors que le pays fait affronte actuellement une crise alimentaire, s’est demandé l’Opposition nigérienne ?

Selon Rahmane Idrissa, politologue nigérien, la sécurité militaire garantit les autres sécurités comme celle alimentaire, sanitaire, éducative, etc. Pour le politologue, « la première fonction de l’Etat est la protection des biens et des personnes. Sans cette protection, il n’y a pas d’Etat, et donc pas de sécurité d’aucune sorte. » Rahmane Idrissa pense pas que les dirigeants nigériens sont des ‘sécurocrates.’ Ils réagissent plutôt à une conjecture sécuritaire difficile : la crise au Mali. En effet, le nord du Mali est depuis mars dernier occupé par des groupes armes touaregs qui réclament leur indépendance. Depuis 1991, le Niger a investi peu dans l’armement. Toutefois, il y a eu des périodes de pic en 2007-2009, au moment de la rébellion du Mouvement National pour la Justice, une rébellion touareg.

Certaines critiques nigériennes affirment que les 44 milliards investis pour l’achat d’armes auraient pu servi d’aide au Touaregs. Pour Rahmane Idrissa, « l’Etat nigérien doit réagir par rapport à des risques qui dépassent la situation économique particulière des Touareg et qui incluent les bandes armées libyennes, la crise malienne, la crise du Nord Nigeria. » Rahmane Idrissa précise que le problème touareg n’est pas économique, mais politique. Il s’agit d’une revendication territoriale et ethnique qu’aucune aide économique ne saurait éteindre et qui ne disparaitrait qu’avec les progrès de la construction nationale.

Et étant donnée que la bande sahélienne est en état d’urgence après la guère en Libye et l’assassinat de Khadafi, Rahamane Idrissa affirme qu’il aura des ventes d’armes accrues en Afrique de l’Ouest, et cela même dans les pays qui ne sont pas exposés à une rébellion touareg. L’effondrement de l’armée malienne peut impliquer que les armées ouest-africaines ne sont pas prêtes à faire face à des insurrections armées suffisamment financées (comme notamment Ansar Dine). Et pour parer à ce risque, les Etats doivent s’armer. Et le politologue nigérien de conclure : « Il pourrait également y avoir, en gestation, une stratégie de la CEDEAO pour renforcer les structures et la coordination militaires, ce qui impliquera des dépenses. »


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