L’Union africaine veut créer sa propre Cours de justice

mercredi 4 juillet 2012

Selon l’Union Africaine (UA), la Cour pénale internationale a un parti pris dans le jugement et les poursuites concernant les présidents africains. Ce sentiment avait été fortement exprimé par Jean Ping, président de la commission de l’UA. Concernant l’inculpation en 2009 du président soudanais Omar el-Béchir pour des atrocités qu’il aurait commises au Darfour, Jean Ping avait accusé la CPI de « harceler » l’Afrique.

Rony Brauman, ancien président de Médecins-sans-frontières a renchéri dans cette même perspective sur une chaine étrangère. Selon lui, la CPI est politique et sous tutelle du Conseil de sécurité de l’ONU. Et ce Conseil décide ou non d’une poursuite contre un individu, surtout ceux venant de l’Afrique.

C’est pour échapper aux griffes de cette justice internationale partisane, que l’Union Africaine veut créer sa propre cour pénale, La Cour africaine de justice et des droits de l’homme, et donc juger elle-même ses dirigeants africains en porte-à-faux avec les droits de l’homme et les crimes contre l’humanité, génocides. La cour de l’Union Africaine prendra en compte la piraterie, le terrorisme, les activités mercenaires, la corruption, le blanchiment d’argent, le trafic humain, le trafic de drogue et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Par rapport à la création de la Cour, un projet de protocole a été élaboré à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 15 mai 2012. Et ce projet, si tout va bien, lors du sommet de l’UA en juillet prochain, les 15 chefs d’État membres de l’Union Africaine devrait l’adopter. Toutefois, la mise à pied proprement dite de la court prendra plusieurs années. En fait, c’est la fusion entre la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et la Cour de justice de l’UA qui donnera naissance à la Cour africaine de justice et des droits de l’homme (CAJDH).

Concernant cette cour, la question cruciale demeure le financement. Le coût moyen d’un procès de la CPI est de 20 millions de dollars. Par exemple, le procès de Charles Taylor à coûté 50 millions de dollars. Etant donné que bon nombre d’Etats africains ont du mal a payer leur cotisation, on se demande, comment il financeront cette cour. Peut-être que si Kadhafi vivait toujours, il l’aurait financée.


Actualités Burkina-ntic