Crise au Sahel : Nous sommes les rebelles maliens

samedi 25 août 2012

A quelques 100 jours de l’élection présidentielle aux Etats Unis, Barack Obama nous a envoyé un émissaire, Hilary Clinton. Son message : l’Amérique veut protéger l’Afrique du terrorisme. En 2008 déjà, des Africains voyaient Barack Obama ; père kenyan noir, mère américaine blanche ; comme l’espoir de l’Afrique. Quatre ans plus tard, déception totale. Obama, l’Américain, travaille pour son peuple. Il œuvre pour la gloire de son pays. Et pendant ce temps, que font les pays africains ? Au Burkina Faso, l’on dit : « courbé, toute personne peut se mettre à califourchon sur ton dos ». Pour être courbée, l’Afrique l’est depuis longtemps. 1er aout 2012.

Université Cheick Anta Diop. Discours de Dakar de Hillary Clinton. L’Afrique, en bon élève de la démocratie, sera rétribuée : un partenariat économique avec les Etats-Unis. Mais, j’avais un rêve. Ecouter un discours original : Hillary dénoncer, pas seulement l’ignominie des nos responsables politiques dans le pillage des richesses de notre continent, mais le rôle des puissances occidentales et de leurs multinationales, dans l’accaparement sanglant de nos biens matériels.

Mon souhait : qu’en bon maître, elle exige transparence et retenue à ces institutions pieuses de ressources. Qu’elle les contraigne à mettre fin à la prédation des richesses du continent. Mais en attendant que mon souhait devienne réalité, nous Africains sommes les rebelles qui sous-traitons notre épanouissement.

Quand avions nous commencé ?.
En 1962, la France impose les Accords d’Evian à l’Algérie : « l’Algérie confirme l’intégralité des droits attachés aux titres miniers et de transport accordés par la République Française, en application du Code pétrolier saharien » et « le droit du concessionnaire et de ses associés de vendre et de disposer librement de sa production ». La France s’approprie donc, le pétrole et le gaz du Sahel bien avant même la naissance de l’Etat algérien. Déjà en 1957, la loi N° 57-27 du 10 janvier crée l’Organisation Commune des Régions Sahariennes-OCRS.

Et pendant sept ans, la France exploite ; l’Algérie, le Niger, la Mauritanie, le Soudan, actuel Mali, et le Tchad ; pour sa gloire : l’expansion économique et la promotion sociale. La loi du 17 mars 1967 dissout légalement celle sur l’exploitation des OCRS. Mais, dès la découverte du pétrole au Sahara, outre ses compagnies, la France impose les autres compagnies devant les exploiter : une compagnie allemande et deux américaines présentes en Algérie.

L’appétit venant en mangeant, la France veut garantir son indépendance énergétique et celle de ses partenaires. Les gisements naturels du Sahel algérien font frontière avec la zone de l’Azawad - Tombouctou, Kidal, et Gao- réclamé par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla). L’Azawad est faiblement peuplée. Et elle est très immense : 8 millions de kilomètres carrés. Elle est extraordinairement riche, mais inexploitée. Uranium, gaz, pétrole, or, manganèse y pullulent.

Nous avons assassiné l’un de nos leaders .
Puis voilà la guerre de Libye. La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne font assassiner Mouammar Kadhafi. Aucun président ne réagit. Personne ne s’indigne. Aucun n’exige l’ouverture d’une enquête internationale. Kadhafi, au moins, protégeait ses ressources pour le bonheur de sa population. Après son assassinat, des milliers d’armes inondent le Mali.

Mais où ont transité ces armes ? Le Mali n’a pas de frontière avec la Libye. Mais l’Algérie, le Niger, le Tchad si. « Par le Niger et le Tchad » confie, Modibo Tandina, rédacteur en chef du journal Le Témoin du nord basé à Gao dans le nord du Mali.

Dans la nuit du 5 au 6 avril 2012 donc, à Paris en France, sur France24, Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) déclare l’indépendance de l’Azawad.
Dès le 17 janvier, les militants de l’Azawad lancent leurs premières offensives. Ménaka tombe. Puis Tessalit et Aguelhok. A chaque avancée de l’Azawad dans le nord, les médias français donnent de la visibilité à leurs actions. « Ansar Dine négocie au Burkina Faso, le nord du Mali fête son nouveau leader » titre RFI. « La force du Mnla n’a pas été sa présence militaire mais sa campagne médiatique » pense Cheriff Sy, analyste politique burkinabè. « Certains responsables de médias français sont en parentés ou mariés à des Touaregs. L’un et l’autre ont favorisé une campagne et un intérêt outrancier envers les hommes en bleu » conclut Cheriff Sy. Et cerise sur le gâteau, sous le président Nicolas Sarkozy, affirme Modibo Tandina, les membres du Mnla étaient « reçus au Quai d’Orsay ».

Certes, une bonne partie des responsables du Mnla vivent en France, mais certains, bien avant de quitter le Mali pour la Mauritanie, le Niger, et le Burkina Faso, étaient députés, ministres ou l’ont été, affirme Modibo Tandina. Au Mali donc, le Mnla veut l’autodétermination. Il désire développer le nord, selon eux, délaissé par le gouvernement. Mais d’autres régions du Mali sont délaissées. Par exemple, Kayes, dans l’ouest malien. Mais, les populations de cette région n’ont pas pris les armes. Pour leur bonheur, elles ont plutôt innové. Expatriées, elles investissent financièrement et matériellement dans leur région. Lire la suite de l’article en cliquant sur ce lien.


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