Je suis moi. Pas Charlie.

vendredi 9 janvier 2015

Je viens d’avoir une discussion avec le journaliste de la BBC, Lamine Konkobo. Pour sa tribune du Club BBC de cette semaine, il prévoit parler de l’attentat qui a frappé ce mercredi 7 janvier 2015, Charlie Hebdo en France. Selon lui, cet attentat suscite un débat passionné sur la liberté d’expression et qui pose des questions : Peut-on rire de tout ? Peut-on tout caricaturer ? Comment devrons-nous gérer nos différences de sorte à ce que les tensions qui les caractérisent ne débouchent sur des tueries — prêtez-nous le mot ? Craignez-vous une montée de l’islamophobe en Europe à la suite des événements de mercredi ?

A Lamine Konkobo, j’ai dit que ce qui me me choque, c’est l’hypocrisie qui entoure cette soit-disant liberté d’expression qui est à valeurs variables selon les individus et les communautés que cela touche ou concerne. Lorsqu’il s’agit des Noirs, des Musulmans, et des Arabes, la liberté d’expression, en Europe surtout, est sans frontières : on peut déverser des injures et autres remarques vexantes et acerbes à sa guise. Quand il s’agit des Juifs, renseignez-vous un peu avec le pauvre comédien français Dieudonné qui peut nous éclairer sur le simple fait d’avoir fait un spectacle sur cette communauté…

Pour moi, le respect que l’on pense avoir et mériter vient de la façon dont chacun respecte la culture, la croyance, et les Dieux ou le Dieu des autres.
Même les Etats Unis d’Amérique dont je critique positivement et négativement la politique étrangère, sait qu’il faut respecter la religion et la croyance des autres et ce discours haineux de certains pays occidentaux, de leurs medias de propagandes, vous ne le trouverez quasiment pas dans les medias américains, pourtant les Etats Unis sont quasi-chrétiens, pro-juifs et presqu’à 100 pour 100 pour Israel.

Alors si l’on veut une société de paix, d’équité, de justice, il va de soit que nous nous respectons mutuellement cela mettra fin aux comportements de moutons de certains propagandistes et de leurs medias. La responsabilité de vivre dans une société stable et paisible, et harmonieuse nous incombe tous en tant qu’individu et nous devons y oeuvrer en acte, en parole, en écrit, en pensée afin de bannir cette hypocrisie qui renforce l’obscurantisme diabolisant les autres sous prétexte de liberté d’expression.

A ce sujet, Lamine Konkobo pense qu’il doit y avoir une alternative à la violence pour s’opposer aux injustices. Pour lui, la France est le pays le plus rétrograde de l’Europe des grands quand on en vient à la question de la diversité. Et il soutient que la république mondialisée a du pain sur la planche dans l’Hexagone. Chose à laquelle j’adhère, et c’est pour cela, que je dirai, et je dis que je ne suis pas Charlie car je condamne la violence sur toutes ces formes qu’elles soient verbales, écrites, caricatures, caricaturales, en pensée, en écrit, et en actes.

Je suis et je veux être un être libre dans une société où je respecte l’autre qui a son tour me respecte. c’est tout. Encore, Je ne suis donc pas Charlie, Je suis Ramata, car je refuse de me laisser embrigader par les émotions sensationnalistes provoquées.


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