Insurrection du 30 et 31 octobre : Les auteurs des crimes de sang seront punis

mardi 10 février 2015

Les auteurs des crimes de sang, durant l’insurrection du 30 et 31 octobre 2014, seront punis, selon le Président de la transition

C’est ce que l’on retient de l’interview à l’arrachée que Ramata SORE a pu obtenir avec Michel Kafando. Cette interview a eu lieu lors de l’inauguration le 31 janvier 2015 dans les nouveaux locaux de l’ambassade du Burkina Faso en Ethiopie à Addis Abeba. Cette inauguration a rassemblé près d’une centaine de Burkinabè. Durant cette cérémonie, même si le président Kafando a plaisanté et fait rires aux éclats l’audience, sur par exemple le fait que, Josephine Ouédraogo, la ministre de la justice, déjà qu’elle n’était pas grosse a perdu au moins 5 kilos à cause du rythme infernal de travail, il a été pince sans rire lorsqu’il a été questions de sujets graves et souhaitant même que l’audience ne lui pose pas de question sur le Régiment de sécurité présidentiel, RSP.
Mais, il n’a pas pu se dérober à la tache, car parlant des militaires du RSP, il a affirmé que : “nous savons qu’ils ont leurs problèmes et nous les encourageons à régler ses problèmes. Et je pense qu’au delà des revendications qui sont normales parce que : le regiment est là depuis longtemps et aujourd’hui si vous voulez disperser le regiment, c’est quand même difficile car c’est un corps d’élites particuliers et on ne peut pas dire du jour au lendemain dire qu’on va les disperser, je me dis que, je crois que de ce coté-là, nous sommes arrivés à une entente et cette entente j’espère est là depuis.”

Outre cela, les services de sécurité du Président tout en pressant Ramata SORE d’arrêter son interview parce qu’elle n’était pas prévue ont fini par l’interrompre. Néanmoins, voici in extenso, les propos qui ont été recueillis.

Ramata SORE : Tout dernièrement, il y’a eu une levée de boucliers concernant le Conseil National de la Transition, CNT. Concernant le gouvernement de transition qui veut poser les bases d’une bonne gouvernance pour les années à venir, concrètement quelles sont les dispositions prises par ce gouvernement pour la réduction de son train de vie et de ses enroulements ?

Michel Kafando : les membres du CNT touchaient plus que les membres du gouvernement. Je n’ai pas une idée exacte mais un membre du gouvernement ne touche pas plus de 600 milles Francs non compris les indemnités. Tout compte fait, avec toutes les corrections les émoluments des membres du gouvernement ne sont pas énormes. En tout cas c’est nettement, nettement moins que ceux qu’on a observé pour le CNT.
Vous faites bien de poser la question sur le train de vie de l’Etat. Nous avons pris sur nous de restreindre le train de vie de l’état. Par exemple, à la fin de l’année, nous avons demandé à tous les ministres que pour les réceptions de fin d’année il fallait supprimer les cocktails. Ensuite le contrôle des véhicules de l’Etat. Nous sommes en train de voir ça parce qu’il y en a qui se sont certainement dit qu’avec la transition, on peut tout fair.. On a pris des mesures pour réduire le nombre de véhicules par service, restreindre aussi les dotations en carburant. J’ai demandé aussi que le contrôle soit plus assidu afin que les gens n’utilisent pas vraiment de façon inconsidérées les biens de l’Etat. Troisièmement chose pour les voyages internationaux, nous sommes en train de demander qu’au lieu que les ministres, les directeurs généraux, les secrétaires généraux des ministères voyages en classe affaires qui est devenue tellement chère, qu’ils le fassent en Premium. Pour cinq heures de voyage vous n’allez pas mettre huit millions pour vous mettre dans cette classe alors que derrière vous payer deux millions.
Nous sommes en train de prendre ces mesures-là. Nous sommes obligés de le faire pourquoi ? Parce que nous sommes venus trouver que le déficit du budget du gouvernement était près de trois cent milliards. Trois cent milliards qu’il fallait combler…
On a essayé aussi de prendre des mesures autres que celles que je viens de vous indiquer pour essayer de corriger ce déficit. On a déjà trouvé près deux cent milliards. Il nous reste environ cent milliards encore. Donc, vous savez, les élections ca coute beaucoup très cher. Je peux vous donner l’assurance que nous avons donné ces consignes pour donner l’exemple et puis aussi pour ne pas avoir à quémander de l’argent un peu partout car cela n’est pas digne. On le fait avec ceux qui sont nos anciens partenaires, ceux qui veulent volontairement nous aider pour les élections, mais, on tient aussi à garder notre dignité.

Mais qu’en est qu’il du décret de 2008 réglementant le train de vie de l’Etat puisqu’il n’a pas été remis en cause ?

Michel Kafando : Il n’a pas été remis en cause, mais il n’a pas non plus respecté les clauses qui avaient alors été édictées. Comme je vous l’ai dit, dans ce décret-là, il était expressément mentionné que par exemple qu’il faut mettre fin aux perdiems dans les différents ministères. Je crois que le gouvernement précédent a essayé de le faire, mais tout n’a pas été bien fait et aussi si vous voulez, il faut éviter aussi les dépenses somptueuses, c’est à dire nombre d’organisations de cérémonies très coûteuses pour l’Etat, là, nous avons carrément et simplement appliquer cela cette année, car nous savons que ca peut avoir une incidence positive sur le train de vie de l’Etat.

Parlant toujours de bonne gouvernance, des rapports d’organisations internationales de défenses et de protection des droits humains accusent l’armée d’avoir tiré sur la foule pendant l’insurrection du 30 et 31 octobre 2014, quel est le sort qui sera réservé à ses martyrs et notamment est ce que les auteurs de cette tuerie seront jugés ?

Michel Kafando : Je vais vous dire une chose : le gouvernement de la transition accorde beaucoup d’importance à tous nos enfants qui sont morts pour la bonne cause à l’issue de l’insurrection 30 et 31 octobre. C’est pour cela que nous avons décidé d’ailleurs, non seulement d’organiser une journée en leur mémoire, et de leur dédier un monument qui est à Ouagadougou et qui serait maintenant un Mémorial dédié à tous les Martyrs de la Révolution. Donc, nous sommes conscients et nous savons que nous ne pouvons pas partir comme cela sans véritablement laisser dans la mémoire collective burkinabè ce symbole de tous les gens et des jeunes qui sont morts pour la Révolution. Maintenant, vous me dites qu’on a identifié un certain nombre de gens qui auraient été les auteurs des décès. Bon.. moi je ne… vraiment je ne suis… nous avons commencé un certain nombre de travail d’investigations, mais je ne suis pas… je n’ai pas la certitude qu’on ait déjà découvert les auteurs.

Mais Amnesty international vient de publier un rapport sur ça et ça été clairement dit ?

Michel Kafando : Je sais qu’Amnesty international a fait un rapport, mais est ce que Amnesty international vous a donné les noms des gens qui ont tiré sur les enfants ? Parce qu’il y’a une chose, si vous faites un travail d’investigations, il faut pouvoir être sure d’identifier ces personnes qui ont tiré sur les enfants.

Mais il s’agit d’un corps, mais pas d’individu ?

Michel Kafando : Oui. mais non… C’est ce que je vous dis parce qu’il y a eu des décès qui n’étaient pas du comme ça la… à des tires de balles. Il y’a eu des décès qui sont liés à l’insurrection qui ne sont pas des décès de balles. Moi, mon problème, c’est vous dire ceci : je vous l’ai dit toute à l’heure dans ma démonstration, avant de prendre toutes mesures, soyez sure que ceux-là qu’on a indexé, ce sont effectivement, eux, qui en sont les auteurs. Si vous n’êtes pas sures, ce n’est pas juste. Et nous continuons à faire ce travail d’investigations. Amnesty international, c’est son rôle de le faire. Eux ont fait leur travail d’investigations, mais faut-il encore que leurs investigations puissent véritablement être confrontées aux investigations que le gouvernement fait parce qu’on ne peut simplement se fier à ce qu’ils disent pour dire non y’a telle ou telle personne… Non. C’est pour cela qu’il faut être rigoureux en la matière.

Donc vous confirmez que si vos investigations aboutissent et que vous identifiez ces personnes-là …. (Le Président nous coupe la parole et répond) :

Michel Kafando : De toute façon, c’est un travail qui se poursuit. Si nous arrivons à une investigation et on trouve véritablement sur la base de preuves concrètes qu’il y’a eu, par exemple, une telle personne identifiée qui a tiré, bien sure qu’on tirera les conséquences. Fin.


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