L’Afrique francophone doit se décrocher de l’Euro

vendredi 24 avril 2015

Pour son émergence, l’Afrique francophone doit se décrocher de l’Euro et du trésor français

“Comment tirer le meilleur parti du potentiel des banques centrales dans le financement du développement de l’Afrique post-2015 ?” Selon le groupe de gouverneurs des banques centrales et des experts de financement du développement qui se sont réunis du 25 au 31 mars 2015 à Addis-Abeba en Ethiopie, le développement de l’Afrique doit être financé par des sources locales. Par ailleurs, il serait nécéssaire de puiser dans les ressources telles que l’épargne, les transferts de fonds et de pensions. Par conséquent, contrôler les finances est la solution pour réaliser cela, a affirmé Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique de l’Afrique.

Malheureusement, pour les pays francophones de l’Afrique de l’ouest et du centre, la réalisation de leurs aspirations s’avèrent, pour l’heure quasi-impossible. Les monnaies de ces pays se trouvent et arrimées à l’Euro et gérées par le Trésor public français depuis plus d’un demi-siècle. Et selon, Adam B. Elhiraika Directeur, Division des politiques macroéconomiques à la Commission économique de l’Afrique, ce lien limite les marges de manoeuvres des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine, UEMOA et des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, CEMAC. Ces quinze pays ne peuvent rien entreprendre sans l’aval de la France, assure Adam Elhiraika.

Pour ce qui est de la zone UEMOA, ce lien colonial avec l’ancienne métropole colonisatrice empêche la création d’une monnaie unique, l’ECO. Cette situation assure Adam Elhiraika agace le Ghana et le Nigeria, pays qui sont des examples de développement économiques et qui travaillent au renforcement de l’union économique et monétaire dans cette zone.

Concernant le financement du développement par les banques centrales ; le Ghana et le Nigéria déjà ont investi dans de grands projets d’infrastructures comme les autoroutes, les barrages, mais également dans les régimes d’obligations, etc. Il en est de même au Kenya et en Ouganda.

Louis Kasekende, l’actuel Vice-gouverneur de la Banque centrale d’Ouganda soutient que certaines banques centrales travaillent avec les banques commerciales pour améliorer les conditions des prêts et obligations auprès des entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises. Cette initiative est pour stimuler l’économie et l’entreprenariat.

Malgré, le consensus général que le monde des affaires ne peut continuer à fonctionner en otarcie tout en occultant son implication dans le développement des pays, Jean-Baptiste Compaoré, Gouverneur adjoint de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, a mis en garde contre les risques que court une banque centrale à étendre son champ d’interventions. Visiblement, l’Afrique francophone est lente à suivre les évolutions et les innovations.

Outre cela, l’ensemble des pays présents à la conférence sont convenus que les plus gros retards d’émergence en matière d’infrastructures, de commerce, d’éducation, de santé, etc. se trouvent en Afrique francophone. Ce sont ces pays vu leurs liens avec la France qui ose le moins. Et pour leur indépendance et liberté aussi bien économique, financière, de développement et politique, il reste à couper le cordon ombilical qui les lient toujours à la France.

Et couper ce cordon “est une question purement politique” soutient Ato Yohannes Ayalew de la Banque nationale d’Ethiopie. Autrement dit, l’initiative pour un meilleur devenir politique et économique de nos pays francophones est liée au courage et à la volonté de nos leaders et hommes politiques de permettre à leur pays d’exister et d’avoir sa propre monnaie.

Pour Jacob Oduor, économiste principal à la Banque africaine de développement, le financement du développement de l’Afrique va de paire avec la participation du secteur privé et la réalisation du partenariat entre les secteurs privés et publics. De ce fait, il assure qu’il est important pour les pays africains d’éradiquer les flux financiers illicites ; d’instituer des lois fiscales novatrices, d’améliorer l’environnement des affaires afin d’accélérer et de contrôler ce moteur du développement et de la transformation des pays du continent. Fin.


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