Roch Kaboré, un sous-préfet de la France

jeudi 21 janvier 2016

Les analyses des experts dans les medias français concernant les crimes commis au Faso ce 15 janvier 2016 à Ouagadougou me rappellent fortement les propos de François Hollande, le président français : “Nous soutenons entièrement le dialogue engagé par des chefs d’Etat africains pour revenir au processus de transition. Je mets en garde ceux qui voudraient s’y opposer.”

Si la médiation de la Cedeao a commencé le 19 septembre 2015, un jour plus tard, François Hollande soutenait Macky Sall. Son soutien était pour l’officialisation de l’impunité commis par les putschistes entrés en action le 16 septembre. Le Président français mettait donc en garde les Burkinabè qui, dans l’unité, voulaient s’opposer à cette prime contre l’impunité et à l’immixtion de tiers dans ses affaires intérieures.

Ces propos de Hollande sont tombés au moment où le RSP, le Régiment de sécurité présidentiel de Blaise Compaoré, massacrait les populations. Aucun des présidents, François Hollande à fortiori Macky Sall et Yayi Boni, n’a condamné les massacres du RSP : au moins vingt morts et plus d’une centaine de blessés. Les présidents Macky Sall et Yayi Boni voulaient, au nom de la Cedeao et de la France, voulaient néanmoins accorder l’amnistie au criminel de Gilbert Diendéré, pire l’installer comme président du Faso.

Outre Dr. Abdoulaye Soma, Conseiller du Premier ministre actuel Kaba Thieba qui regrette la dissolution du RSP et croit savoir que le RSP aurait pu empêcher les attentats de Ouaga, Emmanuel Beth, ancien ambassadeur de la France au Faso, lui emboite le pas. Encore, aucun d’eux n’a mis à l’index les actes criminels du RSP. Pire, l’analyse de l’ancien ambassadeur fait croire que ce sont des Burkinabè qui ont commis les attentats et cela pour envenimer les relations entre religions dans le pays. Ce qui est loin des le cas, mais à quoi répond ces genres d’affirmations et d’insinuations ?

L’attitude paternaliste de la France et de ses porte-paroles font entendre qu’ils disposent d’informations adéquates, précises, et cruciales sur le Faso et les attentats. Le premier ministre français, Manuel Valls vient d’affirmer que ce sont six terroristes qui ont perpétré les crimes à Ouaga et non trois comme l’affirme le gouvernement burkinabè. Délibrement, Valls affirme et montre l’incompétence de l’armée et des autorités du Faso.

Depuis le début de ces malheureux événements, la France, haut et fort, crie sa mainmise sur le Faso. Cette mainmise, l’ambassadeur actuel de la France au Faso et les medias français le reconnaissent. Ils diffusent à cœur-joie des informations contredisant les affirmations des autorités burkinabè. Le Burkina serait-il une sous-préfecture de la France ? Et le président Roch Marc Christian Kaboré l’un de ses sous préfet ? Cela ne m’étonnera point d’entendre un jour et avec preuves à l’appui que Roch n’a jamais été élu « comme on l’entend. » Manuel Valls l’affirmé en ce qui concerne l’élection de Ali Bongo du Gabon, ce samedi 16 janvier 2016 sur France2.

La France des réseaux françafricains est toujours vivante. La France néocoloniale étant et renforce ses tentacules. Sinon comment comprendre le plébiscite de la France et de ses experts pour le Général Diendéré, malgré ses crimes abominables commis aussi bien sur les Burkinabè que dans la sous-région.

A qui profite ces envolées et aux déclarations dits d’experts dans les médias français ? Une chose est Claire, la population burkinabè a déjà donné une réponse le 31 octobre 2015 et le 16 septembre 2015 sur la conduite des questions qui la concerne. Sa réponse ? Elle veut être maître de son destin. Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré, eux, peuvent assurer qu’ils l’ont comprise et acceptée.


Actualités Burkina-ntic