Scandales sexuels : ministres éclaboussés, démissionnez et présentez vos excuses !

samedi 19 novembre 2011

Pour ‘’convenances personnelles,’’ le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Jérôme Bougouma a rendu sa démission le 09 février dernier ; démission que le Premier ministre Tertius Zongo a accepté une semaine plus tard.
Même si Bougouma n’a donné aucun détail sur les raisons de sa démission ou ce qu’il entend par ‘’convenances personnelles,’’ la presse la lie à cette relation qu’il a eu avec une femme mariée, relation de laquelle est né un enfant.

Si certains saluent sa démission comme héroïque, le fait est que lui et le philosophe de ministre ayant également eu des relations avec la même dame devaient démissionner et ce depuis le début de leurs aventures coupables. Aussi, cet autre ministre, amoureux de l’environnement, surpris par les militaires de la garde présidentielle lors d’ébats sexuels avec une jeune fille en plein air à Ouaga 2000, se doit de le faire également. Et cela sans aucune pression du gouvernement et de la presse mais simplement parce qu’ils croient aux valeurs guidant notre société.

D’ailleurs, les affaires de mœurs légères ne doivent pas conduire seulement les ministres à quitter leur poste. Les détournements de fonds et les pratiques anticonstitutionnelles doivent les y contraindre aussi. Les rapports annuellement déposés par la Cour des comptes, le Ren-lac et autres structures qui luttent pour la moralisation de la vie publique dénoncent chaque fois des actes amoraux sans que rien ne se passe, sans que les personnes mises en cause ne démissionnent ou soient remises à la justice.
La démission de Bougouma même si elle représente qu’une infime goutte dans l’océan d’impunités dans laquelle nage le Burkina Faso, elle montre que le pays s’approche lentement des abords de la voie conduisant à la démocratisation.

Et dans ce processus de démocratisation, la presse tient bien son rôle de chien de garde. Mais plus que jamais, elle doit être regardante, vigilante, alerte et plus inquisitrice non pas pour seulement dénoncer les mœurs légères de nos dirigeants mais pour amener les institutions à assumer leurs responsabilités, pour dénoncer ces terroristes à col blanc qui sabotent et détruisent les fondements de notre société, sapent le combat des medias pour une société équitable et juste.

Même si certains politiques pensent que la presse outrepasse ses prérogatives en évoquant la soit disant vie privée de nos hommes politiques, une chose est sûre : si la presse ignore cet aspect, elle dessert le peuple burkinabè. Notre code de la famille ne promeut ni l’adultère ni la polyandrie et cela est connu de tous, nul n’est sensé ignorer la loi et surtout pas nos ministres. Mais ignorant cela, leurs actions ont fait des victimes collatérales que sont leurs épouses et enfants, et le mari cocufié de cette dame et leurs entourages.

Outre cela, pourquoi donc ces affaires de mœurs ont-elles un intérêt ? Elles intéressent parce qu’elles mettent à nu la question de confiance, de moralité de loyauté de certains ministres, des hommes politiques envers leurs épouses et envers nos valeurs sociales et envers le peuple burkinabè.
Il est donc erroné que certains politiques pensent que tout ce qu’ils posent comme actes en ‘privé’ doit être ignoré par la presse. La presse doit-elle ignorer des faits impliquant une personnalité qui a escroqué un partenaire économique, qui a détourné de l’argent, qui a commis un vol ou un viol ? Bien sûr que non. Et si cela s’avère, cela prouverait que la presse est défaillante, qu’elle ne sert pas son peuple, qu’elle n’informe pas la société, qu’elle ne participe pas à l’édification d’une société démocratique. Informer le peuple sur ces faits, c’est lui permettre de suivre la marche de notre Etat, de notre société, lui permettre de saisir l’ampleur de cette trahison commise par des dirigeants qui disent travailler pour lui. Le peuple burkinabè a plus que jamais besoin de savoir si ceux-ci sont honnêtes et s’il peut leur faire confiance. Et ces affaires d’adultère révèlent donc la personnalité de chacun des trois ministres, leur attachement à nos valeurs institutionnelles, morales et sociétales et le respect qu’ils ont pour eux-mêmes et pour le peuple burkinabè.

Si les démissions de ces ministres ont tardé, c’est qu’ils ont pensé et pensent, avec la complicité des premiers dirigeants du pays, plus à leurs ambitions politiques qu’à l’impact de leur scandale sexuel sur leur entourage, sur l’image de nos institutions.

Mais, avec cette première démission, la raison semble prévaloir. L’on espère que les deux autres ministres démissionneront, et les trois avoueront publiquement leur faute, s’excuseront, auprès de leurs épouses qui surement se sont senties trahies, blessées, bafouées, humiliées, auprès du peuple burkinabè et assumeront les conséquences de leur acte.

Démissionner, avouer, s’excuser, c’est également démontrer sa compétence morale en plus de celle professionnelle.


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