Néocolonialisme : Les Etats-Unis grignotent les "empires français’’

samedi 19 novembre 2011

Si le 31 mai dernier, Nicolas Sarkozy, le président français, a pu rassembler 38 pays africains à Nice en France, il n’est demeure pas moins que le pays du Général de Gaulle est en perte de vitesse sur le continent.

En effet, si au 19e siècle, apporter la civilisation aux peuples d’Afrique a été le leitmotiv qui a conduit les puissances européennes à coloniser le continent africain, en ce 21e c’est la lutte anti-terrorisme qui est le motif permettant aux Etats-Unis de s’imposer en Afrique. Et il va de soi que ce pays à travers plusieurs programmes aussi bien militaires (Africa Command, AFRICOM), que économique (African Growth and Opportunity Act, AGOA), etc., entretiennent des rapports avec la quasi totalité des 53 pays du continent.

Militairement parlant, les forces armées américaines sont présentes en Afrique subsaharienne ou semble-t-il, al-Qaeda, fortement présente, mène des activités subversives. Estimant que les terroristes peuvent profiter des zones frontalières peu contrôlées, les Etats-Unis ont augmenté leurs aides militaires aux pays africains et renforcé leurs bases militaires sur le continent.
De ce fait, de la base militaire de Djibouti, ancien bastion francais, en passant en Algérie avec l’Alliance Base, un centre de renseignement, aux bureaux locaux de renseignements antiterroristes ou Counter-terrorism intelligence centers -CTIC au Sénégal et en Côte d’Ivoire, etc., les Etats-Unis se déploient et resserrent leurs liens diplomatiques. A ce jeu, la France est plus ou moins perdante car pendant que le Sénégal et la Côte d’Ivoire demandent la fermeture de bases françaises, les Américains, eux, se font la joie de s’y installer, même si pour l’heure, ils ne disposent que de bureaux. Une autre activité militaire américaine : AFRICOM. Il permet aux Américains de former les armées africaines.

L’expansion américaine n’est pas seulement militaire, elle est également économique. Le quadrillage du continent est une façon pour les Etats Unis de s’assurer que les ressources du continent ne lui échappe pas et nourrissent la Chine, qui selon les experts, dans moins d’un quart de siècle sera aussi puissante que les Etas-Unis.
La stratégie américaine est donc de sécuriser les voies de communication notamment maritime pour permettre l’acheminement des ressources vers les Etats-Unis. D’où en partie, leur présence à Djibouti où transite une bonne partie de la production mondiale de pétrole.

Et même si la marée noire causée par BP dans le Golfe du Mexique en avril dernier focalise tous les débats sur la nécessité pour eux d’investir dans les énergies propres, il n’en demeure pas moins que le chemin est encore très long. Les Américains sont dépendants du pétrole et le resteront pour encore longtemps. Ils investissent et continuent d’investir entre autres au Ghana, au Nigeria tout comme au Soudan, etc. Mieux pour eux, ils arrivent à bouter les entreprises françaises qui avaient le monopole dans bon nombres d’anciennes colonies françaises. Au Tchad, par exemple, Elf a été remplacé par Exon-mobil. En Côte d’Ivoire, des sociétés américaines Ocean Energy et Ranger Oil ont désormais le monopole du pétrole et du gaz et même du cacao.

Et face à ce néocolonialisme américain, la France reste passive. Par exemple, lors de la crise qui a opposée la France et la Côte d’Ivoire en 2006, la France avait affirmé qu’elle n’avait aucun intérêt majeur en Côte d’Ivoire pas plus qu’elle n’a d’intérêts majeurs dans un quelconque pays anglophone. La réalité était que les entreprises américains avaient mis hors-jeu celles françaises qui pendant longtemps avaient le monopole dans plusieurs secteurs.

Ici, le pire n’est pas le silence de la France, mais la quasi passivité de l’Afrique face à ce nouveau type de colonisation. Même si certaines puissances du continent telles l’Afrique du Sud et le Nigeria ont refusé que les Etats-Unis installent le siège d’AFRICOM sur le continent, il n’en demeure pas moins que si l’Afrique se veut indépendante, elle se doit de trouver des voies et moyens pour entretenir des relations saines et d’égal à égal avec les Etats-Unis. La passivité conduit toujours à l’aliénation et les filles et fils du continent en savent quelque chose lorsqu’ils se référent à la colonisation.


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