Gouvernance en Afrique : Le Faso avance à petits pas

samedi 19 novembre 2011

Ce lundi 04 octobre, la Fondation Mo Ibrahim a publié son classement 2010 en ce qui concerne la gouvernance en Afrique. Dans ce classement, au niveau ouest-africain, sur les 16 Etats, le Burkina est classé 7e ; et au niveau continental, il est le 18e des 53 pays. Sur la base de ces deux classements, nous constatons que le Burkina se présente dans la catégorie des pays à performance moyenne. De ce fait, les efforts a fournir pour une pleine satisfaction des besoins de la population sont encore énormes mais surmontables. Selon la Fondation Mo, le Burkina a fait quelques avancées en matière de qualité de gouvernance. Par conséquent, il a un score de 53 pour la période de 2008-2009. Ce score a permis donc au pays d’être classé 18e au niveau continental. Toujours par rapport à la qualité de la gouvernance, la Fondation trouve que la moyenne du Burkina est supérieure à la moyenne générale du continent qui est de 49.

La quête du bien-être
Toutefois, dans la catégorie clé qu’est le développement humain durable, le Burkina est classée 45e au niveau continental et a un score de 40, pendant que la moyenne générale est de 50. Les sous éléments de cette catégorie sont la répartition des biens (et le bien-être) et l’éducation.
Dans la première section, notre pays est classé 42e avec un score de 41 pour une moyenne continentale de 54. La pauvreté rampante et grandissante dans laquelle vit la grande majorité des Burkinabè justifie ce score. Et ce n’est pas la Coalition nationale de lutte contre la vie chère qui dira le contraire. D’ailleurs, cette structure dans une déclaration affirme que le gouvernement a pris de la main gauche ce qu’il avait donné de la main droite lors des négociations syndicats-gouvernement en ce qui concerne la lutte contre la vie chère. Les prix des produits de grande consommation, selon la Coalition, ont connu une hausse. Les Burkinabè avec des salaires, qui stagnent et que feu Bongo s’était plu à qualifier de perdiems, doivent vivoter.
En matière d’éducation, et selon la fondation Mo, le Burkina a un score de 39 pendant que la tendance continentale est à 45 ; par conséquent, le pays est classé 40e. Avec ce bas résultat, des efforts sont nécessaires pour faire du slogan l’éducation pour tous une réalité.

Une société démocratique solide
Sortir les Burkinabè de la pauvreté ne peut être réalisé sans une société démocratique solide, le respect effectif des lois, l’assurance de structures de santé et d’éducation, une société civile responsabilisée, et un cadre favorable à une croissance économique forte. En d’autres termes, rien de cela ne peut être réalisé sans une bonne gouvernance.
Dans ce classement 2010 et selon la fondation Mo, la population de bon nombre de pays africains est en meilleure santé et bénéficie d’un meilleur développement économique. Les pays qui sont dans cette tendance sont dans l’ordre de mérite : l’Ile Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud.
La queue du classement est occupée par la Somalie, 53e ; le Tchad, 52e ; la République démocratique du Congo, 51e ; le Zimbabwe, 50e ; et l’Érythrée, 49e.
Dans la catégorie Sécurité et Souveraineté du droit, 35 États africains ont vu leur score décliner dont cinq de manière significative. Ces derniers pays sont : Madagascar où les militaires se sont emparés du pouvoir en 2008 pour le confier à une marionnette civile. En cette même année, il y a eu le coup d’Etat militaire en Guinée. Le Sénégal de Wade ne fait plus partie des pays libéraux en Afrique. Cela est dû entre autres aux violations des droits de l’homme et autres mesures contre la presse. Le Nigeria et le Kenya, eux, sont dans le peloton du fait des élections controversées et ensanglantées de 2007 et 2008.

Eduquer les dirigeants…
La fondation Mo dit s’inquiéter du décrochage des libertés publiques par rapport au développement économique. Ainsi, 35 États ont reculé en matière de sécurité, et les deux tiers voient le respect des droits de l’homme se dégrader. " Nous devons nous assurer que l’aspect politique de la gouvernance en Afrique n’est pas négligé. De nombreux exemples dans le monde nous ont appris que les écarts entre la gouvernance politique et la gestion de l’économie ne peuvent perdurer durablement. Si l’Afrique doit continuer sur la voie du progrès, nous devons porter une attention plus grande aux droits et à la sécurité de nos citoyens", a affirmé Salim Ahmed Salim, membre du conseil d’administration de la fondation et ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).
"L’Indice Ibrahim 2010 nous offre une image mitigée des progrès récents de la gouvernance sur le continent. Alors que de nombreux citoyens africains sont en meilleure santé et bénéficient mieux du développement économique qu’il y a cinq ans, un grand nombre d’entre eux vit dans un environnement moins sûr et ont vu leurs droits politiques s’affaiblir ", a affirmé le fondateur et Président de la Fondation, Ibrahim Mo.
Par le biais de la publication de ces indices de développement, aussi appelés Indices Ibrahim, la fondation Mo se dit engagée à soutenir la bonne gouvernance et un leadership de qualité en Afrique. Depuis 2006 donc, l’institution mesure la fourniture des biens et services publics aux citoyens par les gouvernements et acteurs non-étatiques à travers 88 indicateurs.

Pour un meilleur devenir
Ces indicateurs prennent en compte : la croissance économique durable, le développement du facteur humain (la santé et l’éducation), la transparence et la responsabilisation de la société civile, la démocratie et les droits de l’homme, et enfin le respect des lois et la sécurité. L’Indice Ibrahim 2010 est basé sur les dernières données disponibles pour chaque indicateur et ces données datent principalement de 2009. Quand les données de 2009 ne sont pas disponibles, celles de 2008 sont utilisées.
La fondation dit avoir rencontré des difficultés lors de ses évaluations. " Concrètement, nous avons constaté que plusieurs indicateurs officiels que nous aurions souhaité prendre en compte ne présentaient pas une périodicité et une couverture suffisantes pour pouvoir être valablement retenus. Ceci nous a conduit à exclure les indicateurs qui sont sans doute les plus importants en matière de gouvernance, en tout cas dans les pays en développement, à savoir les indicateurs de la pauvreté de revenus. "
Toutefois, pour que l’Indice 2010 reflète mieux les performances récentes de chaque pays, la fondation a eu à utiliser les données les plus récentes pour chaque indicateur (2008/2009) à défaut de celles de 2008.


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