Pour une société émergente : Blaise a décidé de quitter le pouvoir

samedi 19 novembre 2011

Voici 23 ans, comme autant de grains de supplique sur un chapelet, que Blaise Compaoré règne sur le Faso. Le pouvoir ca use. Et Blaise doit le quitter.En 23 longues années, dont nombre sous le sceau du tumulte, le d’abord autoproclamé puis l’investit au score soviétique Blaise dit travailler. Travailler pour redresser. Travailler pour faire espérer. Travailler pour faire émerger le Faso. Le chemin à parcourir sur la piste d’envol est encore très long. 23 années ? C’est long. C’est trop long à l’échelle d’une vie humaine et à l’aune des indicateurs socio-économiques avec une espérance de vie de 50 ans.

Il ne s’agit pas d’une simple perception : le classement PNUD 2010 sur le développement humain le confirme. Le Burkina Faso est 161e sur 169 pays dans le monde. Pour cause : la prospérité économique, une éducation de qualité, une espérance de vie augmentée sont toujours un horizon inaccessible pour les Burkinabè.

Les formules, les incantations, et les manèges politiques ne sont pas le remède à la souffrance des Burkinabè. A défaut de jours meilleurs, les Burkinabè ne composeraient-ils pas leur ticket pour changer de monture ? Opter pour l’alternance. Le peuple veut vivre décemment. Il veut jouir de sa citoyenneté. Devra-t-il mettre sous le boisseau ses ambitions et états d’âme pendant que ceux à qui le hasard et les relations profitent jouissent et traient le système mis en place ?

Blaise Compaoré, certes, doit aimer son pays. Mais une chose est sure. Il ne l’écoute pas. Or les murmures du peuple se font plus pressants. Ils sont plus audibles. Ils se transforment en marches et meetings. Le peuple lutte ! Il revendique un lendemain meilleur. Si Blaise président du Faso depuis plus de 23 ans aime son pays qu’il se penche pour entendre la clameur qui monte ; cette clameur aiguisée par la faim et la pauvreté !

Le 17 janvier dernier, j’ai accompagné mon père malade de la cataracte et de glaucome au Centre Shiphra de Tanghin pour des examens médicaux. Une vielle dame, également, malade des yeux s’entend dire par l’infirmier qu’elle ne peut pas bénéficier de consultation. Elle ne dispose pas de la totalité des 3 000 f CFA nécessaires. Choquée, je lui offre le montant manquant. La générosité d’un autre patient lui a permis d’avoir un peu plus que le prix de la consultation. Mais le problème n’est pas là. Aura-t-elle les moyens de suivre le traitement qui lui sera prescrit ? La providence ou la bonté divine pourrait l’extirper de cette vulnérabilité extrême.

Mais qu’en est-il des milliers d’autres Burkinabè ? Ceux qui n’osent même pas aller au centre de soins. Tout simplement parce que démunis. Leur sort, tous le savent bien : la mort. En silence. Et cela Blaise le sait. Mais pire, les gens bien le savent mais ils se taisent ou quittent le pays sur la pointe des pieds.

Si en Egypte et en Tunisie, le peuple a pu crier son ras bol ; au Faso, il va se révolter.
Et après 23 ans, Blaise doit s’en aller. La Révolution qui a eu lieu au Niger, la révolte actuelle en Egypte, le soulèvement qui s’est passé en Tunisie… sont possibles au Faso.

Et la chute sera dure, très dure pour Blaise. Mais encore, elle sera pire pour ses courtisans qui l’empêchent de voir plus loin que le cadre feutré de Kosyam ou de Ouaga 2000. Ces courtisans sont d’une arrogance équivalente à leur voracité à spolier et brimer le peuple. Et Bognessan, même si le premier ministre Zongo s’en défend, serait le juriste médecin qui avec son bistouri juridique se chargera de lifter la constitution en son article 37.

En 1909, le charismatique et plébiscité Teddy Roosevelt, 26e président américain de 1901-1909 quitte le pouvoir avec tous les honneurs. Il a été sublime durant ses deux mandats. Lui-même promet de ne plus se représenter. Mais mal lui a pris. Il se laisse convaincre par ses courtisans. Il se représente en tant que candidat à la présidentielle de 1912.
Ses rares et sincères amis l’avisent du traquenard. Teddy refuse d’écouter. Il quitte le parti Républicain et crée le Mouvement Progressiste. Puis, il se présente aux élections. Il est battu à plate couture. Conséquence : l’idole de la nation devient le bouffon politique.
Leçon : la politique ca use, même si l’on a été adulé par le peuple. Ce peuple à besoin d’alternance. Il a besoin d’homme politique qui apporte du renouveau. Il recherche un leader qui donne sens à sa vie.

En facilitateur et faiseur de paix dans le sous région, Blaise se doit de comprendre que ses courtisans, aussi bien Burkinabè que diplomates occidentaux lui comptent fleurette : « Blaise est le seul à même de diriger le Faso ». Que nenni !

Après, Tanja, le Niger existe et poursuit son avancée démocratique. En Egypte, le peuple est sur le point d’obtenir la démission de Moubarak. Et le pays ne s’en portera pas plus mal. En Tunisie, Ben Ali et son clan ont dare-dare pris la poudre d’escampette. C’est le sort des dictateurs voraces et népotistes.

Au Faso, pour une société émergente, Blaise doit quitter le pouvoir de lui-même et cela pendant qu’il est encore temps.

Un peuple accumulé développe toujours des stratégies pour se sortir de misère. Il brise toujours le funeste sort. Alea jacta est - le sort en est jeté- !!!!


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