‘Corps habillés’, protégez le peuple !!!!

samedi 19 novembre 2011

Le vent du changement souffle. Il amène dans son sillage le crépuscule d’un temps. Celui des anciens. Et Blaise Compaoré ne peut y être indifférent. Dans son palais qui se fait silencieux, il est sûrement inquiet. Mais il ne peut l’afficher. Quelles réponses apporter ? Que dire ? Ben Ali, son jumeau calendaire, humilié par la rue s’est enfui comme un voleur. Depuis, plus d’une semaine, le peuple libyen indique la sortie à son mentor Kadhafi. La crise ivoirienne, parfait cache-sexe de Blaise en politique intérieure, est tombée. Maintenant, il fait face à une ‘rébellion’ interne.

La violence qui embrase Koudougou et bien d’autres villes illustre le raz-bol de la population. Les gens sont fatigués des violences impunies. Pour retrouver sa dignité bafouée, mains nues, les jeunes affrontent les forces de l’ordre. Mains nues, élèves et étudiants ont affronté les forces de l’ordre. Ils sont prêts à tout pour défendre leurs doits, mais les corps habillés tirent sur eux, citoyens qu’ils considèrent comme leurs ennemis. Bilan : six morts et plusieurs centaines de blessés. La cause : la mort de l’élève Justin Zongo. Pour l’heure, les contradictions entourant le décès de Zongo laissent perplexes.

Toutefois, les camarades du défunt veulent la vérité. En 1998, aux premières heures de l’assassinat de Norbert Zongo, les autorités politiques avaient mis en cause les bandits de grands chemins. Par la suite, il s’est avéré, selon la Commission d’enquête indépendante, que c’était des personnes proches du pouvoir qui en étaient les auteurs. Thomas Sankara a été assassiné. N’empêche que son certificat de décès porte la mention de ‘’mort naturelle.’’

Pendant de nombreuses années,l’aspiration du peupleà la liberté et au bien-être a été réprimée. Le mouvement conduit pas les élèves et étudiants et qui a pour origine Koudougou est une lutte pour la reconnaissance du droit en tant que citoyens. La révolte de Koudougou est le résultat d’une accumulation de plusieurs années de frustrations, d’inégalité sociale extrême, de l’impertinence des forces de l’ordre qui se croient supérieures aux autres citoyens.
La révolte de Koudougou est la preuve d’une lassitude contre les exactions des forces de l’ordre, fauteurs de troubles, ayant ôté la vie à des citoyens sans que justice soit faite.

A Koudougou, cette jeunesse aux main nues a acculé les forces de l’ordre. Les ont poussées aux retranchements. Et finalement, ils ont retiré leurs armes pour, par la suite matraquer leurs oppresseurs. Le peuple tant brimé se libère enfin de sa passivité. Conséquence : les autorités politiques procèdent à l’arrestation des agents impliqués dans le décès de Justin Zongo. Elles qui auparavant avaient constaté le décès sans rien faire.

La violence, en partie, a permis aux jeunes de se faire entendre. Sans elle, les autorités auraient-elles eu une oreille attentive ? Zongo qui a été à plusieurs reprises victime de sévices s’en était confié au procureur du Faso de Koudougou mais n’a pas eu gain de cause.

Depuis la Tunisie et la fuite de Ben Ali, c’est le chant du cygne. C’est un début de déclin des régimes policiers et corrompus. Cette déchéance des gouvernements policiers s’apparente à ‘l’effet domino.’ Et l’Histoire nous le rappelle. Dans les années 1700, avec la Révolution française, et bien avant la Révolution américaine, des idées et des aspirations nouvelles ont ébranlé la France et les Etats-Unis et le monde entier. Désormais, « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

L’aspiration à une société équitable, à la dignité, à la liberté est une nécessite universelle. Elle n’est pas le propre des Tunisiens, des Egyptiens, ou des Libyens. Elle est également burkinabè car les souffrances des peuples sont les mêmes. Et seules la justice, l’égalité, la liberté peuvent mettre fin à cette révolte partie de Koudougou.

La répression est une arme vaine. Certes, elle peut faire taire un peuple. Mais une chose indéniable demeure, elle ne peut jamais écraser une révolte qui couve sous la cendre.

La jeunesse burkinabè veut dorénavant décider de son destin. Elle veut mettre fin aux règnes des vautours. C’est une lutte historique. Certes, pour y parvenir, le chemin sera dur et long, mais le résultat sera très exaltant.

Déjà, l’insurrection à Koudougou a abattu les murs de la peur. Même si les Burkinabè sont lents à la détente, cette revole rétablit leur foi dans leur capacité à exiger la justice sociale et la fin des tyrannies.

Les forces de sécurité doivent protéger cet acquis. Elles doivent être avec le peuple.


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