Crise au Faso : Ban Ki Moon reçoit des manifestants burkinabè à New York

samedi 19 novembre 2011

Le mercredi 22 juin dernier, certains membres de la communauté burkinabè de New York ont organisé une marche contre l’impunité et pour l’instauration de la démocratie au Faso. Une délégation de trois personnes : Fatoumata Diallo, Yves Bambara et Ba Boubakar ont pu rencontrer un représentant des Nations Unies, Valentin Stancu et lui soumettre leur requête.

Fatoumata Diallo, au nom du Comité d’organisation des Marches pour la démocratie et contre l’impunité au Burkina Faso a remis un dossier expliquant les raisons de la marche du jour et a insisté sur la nécessité pour les Nations Unies d’aider le Burkina Faso à devenir réellement un pays démocratique où l’impunité et l’injustice ne seront que mauvais souvenir. Yves Bambara a affirmé qu’il est indispensable que M. Ban Ki Moon aide les Burkinabè à jouir “de la même démocratie, liberté et justice” qu’il a pu, par son institution, offrir aux autres pays du monde.

M. Stancu a assuré la délégation qu’il remettra les documents reçus à qui de droit. Egalement, il a fait savoir aux trois représentants qu’il comprenait parfaitement leurs sentiments. M. Stancu est originaire de la Roumanie. Le président Nicolae Ceausescu de 1974 à 1989 a rendu la Roumanie tristement célèbre par ses abus et crimes. Ceausescu quitta le pouvoir suite à une révolution en 1989. Et lui et son épouse, après avoir été jugés, ont été exécutés en direct à la télévision roumaine pour les crimes qu’ils sont commis.

Apres cette rencontre, la délégation a rejoint le reste du groupe installé au parc faisant face aux buildings des Nations Unies.
« La guerre en Angola, Sierra Leone, Libéria, Cote d’Ivoire, c’est Blaise », « Au Faso, on veut la fin de l’impunité », « Ban Ki Moon, on veut la démocratie au Burkina Faso », sont entres autres slogans scandés à partir de 13h par les manifestants dont certaines stars de la musique burkinabè vivant à New York comme le groupe K.fi.K et Rickson ou Pegdwendé Eric Ouédraogo à l’état civil. Selon ce dernier, les crises que vivent le Burkina Faso depuis février dernier et bien avant “sont le résultat de la mal gouvernance.” Le pouvoir de Blaise Compaoré, précise-t-il “a atteint ses limites objectives de gestion de notre nation. L’alternance est la seule solution. Donc nous souhaitons vivement le départ de M. Blaise Compaoré. Ce depart, pense-t-il, sera profitable à Blaise Compaoré, lui-même, à son régime, et la nation entière.

Pour Fatoumata Diallo, il ya lieu que le gouvernement fasse la lumière sur la série de viols subit par un bon nombre de femmes lors des manifestations de mécontentements des corps habillés. Dans cette perspective, Yves Bambara ajoute qu’il est “indécent que le ministère de la promotion de la femme organise une marche pour la paix sans exiger que lumière soit faite sur les différents viols et que les auteurs soient punis à la hauteur de leur forfait car sans justice, il ne peut y avoir la paix tant réclamée.”

Durant la manifestation, le port des images d’atrocités et de Sankara ont attiré le regard des passants. Certains s’arrêtent, posent des questions, prennent des photos et continuent leur chemin. Un journaliste haïtien a promis d’écrire un article.

D’abord au nombre d’une dizaine, les protestataires ont vu leurs cercles s’agrandir à au moins une vingtaine avec l’arrivée de sympathisants des pays que sont le Mali, la Guinée, le Niger.
Boubacar Ba, l’un des manifestants reconnaît qu’il y a eu peu de personnes présentes à la manifestation du fait de la mauvaise coordination des actions de mobilisation. Chose qu’il pense que le comité doit revoir. Toutefois, « vue que la manifestation dérangeait, un certain nombre de diplomates burkinabè sont passés et repassés » a affirmé le frère du défunt Président Sankara, Paul Sankara.

L’un des diplomates faisant la ronde autour de la manifestation après que nous ayons fait une photo de lui parlant à des manifestants nous a fermement saisi les mains et intimé d’effacer la photo. Chose que nous avons refusée. D’ailleurs, certaines personnes du groupe lui ont rappelé que New York n’était pas Ouagadougou et qu’étant sur une place publique, de surcroit face aux buildings des Nations Unies et s’étant volontairement arrêté pour discuter, il n’avait d’ordres à donner à personne.
« Blaise assassin », a crié un manifestant pendant l’altercation. Le diplomate, paniqué se sentant embarrassé, à grandes enjambées quitte la scène. A quelques 15 mètres, il passe des coups de fils. Plus tard, deux chauffeurs de la mission diplomatique, Georges originaire de la Philippines et Ali Ouédraogo, joignent le lot des manifestants. Ils prennent des photos et posent des questions. Ali Ouédraogo, par ailleurs, dira qu’il soutient le mouvement de protestation contre le régime de Blaise Compaoré. Selon lui, chacun à le droit à la libre expression. Quant à Georges, il nous dira qu’en Philippine, « on tue les journalistes » et sur un ton plus ou moins de plaisanterie, il dira que si le « diplomate burkinabè qu’il conduit lui remet un million de dollar, il se fera le plaisir de [nous] kidnapper. »

M. Sankara, venu de Washington DC, à la manifestation réclamait démocratie, lumière sur les crimes de sang et justice commis sous le régime Compaoré. Selon lui, la marche du jour était dans « son principe salutaire. Nous nous sommes fait entendre par les Nations Unies car nous avons pu leur remettre un mot. »
Cette lutte pour la démocratie n’est que le début d’une série a déclaré Yves Bambara. Il affirme que les marches continueront “jusqu’à ce que la communauté internationale puisse aider notre pays à vivre dans une vraie démocratie.”

Il est 16h. C’est l’heure limite accordée par la ville de New York aux manifestants pour mettre fin à leurs activités. La petite foule approche maintenant la trentaine. Les uns et les autres se disent au revoir tout en échangeant leurs coordonnées.


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