Burkina Faso : Aboutir à une révulsion morale contre la corruption

samedi 19 novembre 2011

Pendant plusieurs années, certaines structures ont cru profiter impunément des financements de la Banque mondiale. Toutefois, mal leur en pris car la Banque à découvert leur pot aux roses. Ainsi, plus de 60 structures bénéficiant de ses subventions ont été exclues et des mesures préventives ont été prises au niveau de 48 autres projets à haut risque pour éviter les actes de corruption. Par ailleurs, la Banque a bloqué l’exécution de contrats entachés d’irrégularités. Et comme palliatif, elle a entrepris de former en expertise comptable judiciaire près de 3000 responsables gouvernementaux et agents.

La corruption étant un fléau au Burkina Faso et surtout au sein de l’élite politique, il est souhaitable que la Banque resserre l’étau par rapport à la bonne gouvernance en exigence que les élites politiques, économiques et autres acteurs sociaux auteurs de crimes de corruption soient jugés et punis conformément aux lois. Nombreux sont en effet les crimes restés impunis.

On peut citer la réhabilitation de la mairie centrale de Ouagadougou dont les énormes irrégularités ont révélé des malversations financières et autres versement de pots de vin et le dossier de la douane dont on n’entend plus parler. Le dossier CNSS relayé par les centrales syndicales, le Ren-Lac et la presse est resté dans l’impasse en dépit des fautes de gestion dont s’était rendu coupable un ancien Directeur Général. On peut citer également les malversations au district sanitaire de Manga, celle de la Mairie de Banfora où il ya eu détournement de deniers publics ou celles de Saponé où des chèques parallèles ont circulé.

Ces agissements criminels vont à l’encontre de la réduction de la pauvreté et de la croissance économique dans un Burkina Faso où la crise économique sevit. Les mouvements populaires de février-avril dernier dont les exigences sociales sont liés aux principes démocratiques d’égalité, d’équité ; et de justice font plus qu’exposer une pauvreté massive. En 1990, la Banque avait fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités estimant que la lutte contre la corruption favorise une croissance durable et un recul de la pauvreté. Et pour lutter contre cette corruption, le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick conseille une manière bien douce bien efficace : « on ne remédiera pas en faisant discrètement et poliment savoir aux individus en cause qu’ils commettent une faute… Nous devons plutôt inculquer un sentiment de révulsion morale contre la corruption, que ce soit à travers le monde ou à travers les générations ». il faut sanctionner de la manière la impitoyable possible les élites qui se rendent auteurs de ces forfaitures.

D’ailleurs, en matière de lute contre la corruption, en Norvège, l’Autorité nationale d’enquête et de poursuites des délits économiques et environnementaux, au Royaume-Uni, le Serious Fraud Office ; ou en Indonésie, la Special Crime Unit tractent et punissent les corrupteurs.
Zoellick déclare que de véritables progrès ne peuvent être faits que dans les cas où les autorités nationales prêtent l’attention voulue aux données d’enquêtes épinglant les auteurs de corruption.

Au niveau international, la Banque mondiale a lancé l’Alliance internationale des traqueurs de corruption, et conclu à cette occasion 18 accords de coopération bilatérale avec des organismes nationaux de lutte anti-corruption et des organisations de développement.


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