Crise alimentaire en Afrique : La sécheresse n’est pas la seule raison

samedi 19 novembre 2011

Les prix des denrées alimentaires sur le marché mondial restent élevés. Conjuguée à une mauvaise pluviométrie, dans le meilleur des cas, elle se décline en pénurie alimentaire ; dans le pire, elle est famine qui frappe durement bon nombre de pays africains. Et parmi ces pays, l’on peut citer le Burkina Faso, le Niger ou le Soudan et l’Ethiopie. Dans ces pays, ce sont des millions d’individus affamés et mal nourris qui mourront de faim.

Selon le rapport trimestriel Food Price Watch, les récentes inondations en Thaïlande pourraient renforcer cette précarité. Des pertes de production sont déjà estimées entre 16 et 24 % de la production totale. Parallèlement, la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique touche plus de 13,3 millions d’habitants.

La famine qui sévit dans la Corne de l’Afrique n’est pas seulement due à la sécheresse. L’absence de stocks de réserve en est l’une des raisons fondamentales. L’inexistence de réserves alimentaires explique cette situation que de nombreux pays africains vivent presque chaque année. La spéculation aidant, les prix des denrées alimentaires que sont le riz, le maïs vont exploser. Et comme le montre le film « Mains basse sur le Riz, » les spéculateurs sur le cadavre des pauvres réaliseront des profits énormes sur les aliments de base.

Pourtant, les dernières prévisions pour 2011-12 prévoient un niveau record de stocks mondiaux de blé, de maïs en Argentine, au Brésil, en Chine, en Russie et en Ukraine. La production mondiale de riz devrait elle aussi connaître une embellie en 2011-12, des précipitations particulièrement propices pendant la mousson en Inde ayant entraîné une récolte exceptionnelle.

Le rapport Food Price Watch met en garde contre les difficultés que les pays en développement pourraient éprouver pour protéger leurs populations vulnérables. Leurs ressources sont mises à mal par la crise économique qui frappe l’Europe et leur endettement. Nos pays sont tellement endettés qu’ils ne peuvent même pas investir dans la modernisation de leur agriculture. Cette dernière demeure archaïque et artisanale avec bien sûr des exploitations effectuées sur de très petites superficies. Mais ce handicap ne saurait tout justifier. Les populations meurent de faim également par manque d’anticipation et d’initiatives de nos gouvernements.


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